Abdoul Sacko se souvient de son kidnapping par des hommes armés : ‘’Ça a été un moment de cauchemar, de terrorisme…’’

Six mois après son enlèvement, le coordinateur du Forum des forces sociales de Guinée, Abdoul Sacko, a décidé de rompre le silence en accordant un entretien à RFI. Au micro de Christophe Boisbouvier, il décrit les circonstances de son kidnapping par des hommes armés à son domicile.

Le 18 février dernier, Abdoul Sacko a été enlevé à son domicile de Conakry par des hommes lourdement armés, arrivés à bord d’une dizaine de véhicules non immatriculés, selon lui.

‘’J’ai été enlevé la nuit du mardi, surpris par la méthode, surpris que ce soient des hommes en treillis, avec l’accoutrement des forces spéciales, surpris par l’heure à laquelle c’est intervenu, mais aussi par tout le temps qu’ils ont pris pour molester, menacer, violenter les voisins, et défoncer la porte de la maison pendant près d’une heure, sans qu’il n’y ait aucune intervention des services de sécurité, qui ne sont pourtant pas très loin de chez moi’’, a-t-il raconté.

‘’Une fois encore, ça a été un moment de cauchemar, un moment de terrorisme et de traumatisme, aussi bien pour moi que pour ma famille’’, a-t-il ajouté.

N’ayant pas pu défoncer la porte, ses ravisseurs sont finalement passés par le toit. ‘’Ils sont passés par le toit et ont menacé ma pauvre maman, qui a été séquestrée dans la cuisine. Ils ont sommé ma fille, qui n’avait pas 11 ans, de se coucher sur le ventre, ainsi que ma petite sœur. Ils m’ont giflé. Six personnes, lourdement armées, sont tombées du plafond et m’ont molesté devant ma famille’’, a précisé l’activiste.

Par la suite, se souvient-il, ‘’ils m’ont sorti de la maison vers une destination inconnue. Il faut noter qu’ils étaient cagoulés. Ils m’ont mis dans un véhicule de couleur noire, tandis que d’autres véhicules bloquaient les issues de la maison. Et de là, on est partis’’.

‘’Après m’avoir molesté et giflé, ils m’ont cagoulé. Et de là jusqu’à mon abandon en brousse, je n’ai pas vu le soleil’’, a-t-il souligné, précisant qu’en cours de route, les hommes armés rendaient compte : ‘’Ils ont dit qu’ils avaient le colis. Ils communiquaient avec quelqu’un à distance. Et j’ai entendu dire : ‘On est à 5 minutes de l’autoroute’, c’est-à-dire l’autoroute Fidèle-Castro. De là, j’ai été conduit dans trois lieux différents (…)’’.

Il déclare avoir subi ‘’des séances de torture, des interrogatoires, des pertes de connaissance suivies de réanimations’’.

Quand le journaliste insiste pour savoir s’il a été torturé, Abdoul Sacko répond : ‘’C’est hors d’imagination. Tout le dos, les mains, torturés avec la technique de l’eau, le tout accompagné de menaces. On m’a attaché les mains au dos, totalement ligoté, on me faisait coucher sur le dos’’.

Il assure que ses ravisseurs le menaçaient de mort tout au long de l’opération. ‘’Quelqu’un a dit : ‘Maintenant, toi, tu ne vas plus menacer. C’est fini pour toi’. Et un autre a ajouté : ‘Lui, il ne s’agit pas de le présenter à un juge ou de le mettre en prison. C’est fini pour lui’. (…) Ils m’ont dit qu’ils allaient creuser ma tombe’’.

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