Basé à Abidjan, l’Institut de sécurité maritime interrégional (ISMI) a abrité du 15 au 18 avril une session de formation sur la conservation des preuves par les premiers intervenants en mer. Tout au long de ce séminaire qui s’inscrit dans le cadre du renforcement des capacités maritimes des Etats parties aux accords de Yaoundé, ce stage a permis d’outiller les participants sur les gestes-réflexe à adopter et à les sensibiliser sur l’importance de leur intervention et à celle des actes qu’ils posent.
La formation a été organisée en collaboration avec la coopération française et l’unité sûreté maritime basée au bureau régional de l’Organisation internationale de police criminelle (INTERPOL) à Abidjan, qui a fait ses preuves dans la préservation de scènes de crime et de gestion des preuves par les premiers intervenants.
A caractère technique et opérationnel, la formation a réuni des cadres amenés à intervenir par vecteur maritimes pour des actes de piraterie, de brigandage, de trafic de substances illicites (drogue, armes, médicaments) ou de pêche INN.
‘’L’intervention des premiers intervenants se fait dans la plupart des cas avant celle des officiers de police judiciaire et emporte des conséquences sur la suite de la procédure judiciaire’’, avancent les organisateurs.
L’administrateur principal des affaires maritimes précise que les principales menaces dans la région sont les activités criminelles transnationales, telles que la piraterie, les vols à main armée contre les navires, le blanchiment d’argent, le trafic d’armes, d’êtres humains et de drogues, le soutage illégal de pétrole, la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), le terrorisme maritime, les prises d’otages et la pollution marine volontaire.
Face la montée en puissance de la criminalité maritime, le colonel Lazare fait remarquer que ‘’les ports et les navires deviennent de plus en plus des lieux de commission de crimes et délits. La gestion d’une scène de crime maritime doit donc être prise en compte dans les stratégies de répression des infractions à la réglementation maritime’’.
Avant de rappeler aux participants que ‘’la scène de crime est au centre de la criminalistique et elle est un enjeu de taille pour l’enquête judiciaire’’, tout en soulignant que ‘’la preuve scientifique et l’utilisation de techniques de plus en plus sensibles sur des indices fragiles prennent une place sans cesse croissante dans les investigations criminelles. Les premières constatations faites dans n’importe quel crime ou délit sont la pierre angulaire de tout procès’’.
De l’avis du directeur de l’ISMI, très souvent, les systèmes répressifs des Etats ‘’échouent parfois à sanctionner le coupable d’une infraction commise dans le contexte maritime pour cause d’insuffisances dans la gestion de la scène de crime’’.
Il note qu’il arrive aussi que de présumés coupables soient arrêtés par les forces de l’ordre, puis relâchés par les tribunaux en raison des ‘’failles relatives à la collecte et à la conservation des preuves’’. Une situation qui risque de décourager les forces d’intervention en mer et entraîner une prolifération des actes.
Il a encouragé les participants à tirer le meilleur de cette formation afin de mieux sécuriser les procédures judiciaires liées aux infractions à la réglementation maritime.
Ciré BALDE, pour VisionGuinee.Info
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