L’annonce faite par le CNRD d’un accès universel à l’électricité d’ici 2030 relève davantage de l’effet d’annonce politique que d’un engagement fondé sur des bases techniques, économiques et institutionnelles solides. Une telle déclaration, dans le contexte guinéen actuel, interpelle moins par son ambition que par son réalisme.
En effet, le déficit structurel du secteur de l’énergie en Guinée est connu : infrastructures vétustes, investissements publics faibles et mal ciblés, gouvernance défaillante, dépendance excessive à quelques barrages, manque d’interconnexion efficace, et un taux d’accès réel très inégal entre les zones urbaines et rurales.
À cela s’ajoute l’instabilité politique chronique, l’insécurité juridique pour les investisseurs, et l’absence d’un cadre réglementaire clair pour encourager le développement des énergies renouvelables à grande échelle.
Il serait donc plus honnête de parler d’un plan progressif d’extension de l’accès à l’énergie, avec des étapes réalistes, des moyens identifiés et un pilotage transparent. C’est cela, la vraie gouvernance. Le reste n’est que poudre aux yeux.
Boubacar Dieng
L’Objectif de Développement Durable Numéro 7 (ODD7) vise à garantir l’accès universel à des services énergétiques abordables, fiables et durables d’ici 2030