Affaire Kassory Fofana : la défense dénonce un acharnement judiciaire et une procédure à bout de souffle

Détenu depuis près de quatre ans, l’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana attend toujours d’être fixé sur son sort dans son procès en appel. Ses avocats sont montés au créneau, après le renvoi de l’audience prévue ce jeudi 19 février, pour dénoncer les incohérences du dossier de l’accusation, l’absence répétée du parquet et la dégradation inquiétante de l’état de santé de leur client.

L’amertume de la défense est totale. Maître Dinah Sampil, avocat de l’ex-chef du gouvernement, ne cache plus son exaspération face à une procédure qu’il qualifie désormais ‘’d’inhumaine’’.

Le point de rupture a été atteint lors de la dernière audience, marquée par l’absence des représentants du parquet spécial.

Pour l’avocat, il est ‘’inadmissible, impardonnable, inacceptable’’ que la partie poursuivante brille par son absence. Il dénonce un ‘’mépris envers le respect des droits humains’’.

Il s’étonne que ceux qui ont établi le rôle d’audience soient les premiers à déserter les débats, laissant le prévenu dans une attente interminable.

L’ancien Premier ministre est accusé d’un détournement présumé de 15 milliards de francs guinéens. Maître Sampil affirme que son client disposait d’un fonds de souveraineté de 30 milliards de francs guinéens, resté intact au moment de son arrestation.

‘’Comment quelqu’un de son rang peut laisser 30 milliards de côté, aller se salir les mains en prenant 15 milliards GNF ?’’, s’interroge-t-il, soulignant que cette accusation ‘’ne s’explique pas et sort de l’entendement’’.

Pour lui, la logique même du dossier s’effondre puisque les preuves que ces fonds se trouvent toujours au Trésor Public ont été versées au dossier et publiées par la presse.

Face à ce qu’il qualifie de ‘’dénouements impossibles’’, l’avocat remet en cause l’existence même de la CRIEF, affirmant que ‘’cette juridiction doit disparaître’’, car elle n’apportera rien que les tribunaux ordinaires ne pouvaient traiter.

Au-delà du droit, c’est l’urgence vitale qui prévaut désormais. Maître Sampil qualifie l’état de santé de son client de ‘’d’alarmant’’ et s’inquiète. Pour l’homme de droit, il est temps d’arrêter ce qu’il perçoit comme une injustice flagrante envers un homme qui a rendu des ‘’services bons et loyaux à l’État guinéen et qui se retrouve aujourd’hui récompensé par le mal’’.

Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.Info
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