Air France renforce sa présence en Guinée en augmentant le nombre de vols : ‘’C’est une destination prioritaire’’

Le mercredi 15 octobre, VisionGuinee a interrogé Jean-Marc Pouchol, Directeur général Afrique d’Air France-KLM, et Nadia Azale, Directrice générale Afrique du Nord, Sahel et Côte Ouest. En séjour à Conakry, les deux responsables dévoilent la stratégie du groupe en Guinée : augmentation du nombre de vols, introduction de l’Airbus A350, innovations à bord, fidélisation des clients et engagement écologique. Ils expliquent comment Air France entend consolider son rôle d’acteur majeur de transport aérien dans le pays. Entretien…

VisionGuinee : Qu’est-ce qui fait d’Air France un acteur incontournable pour les voyageurs guinéens aujourd’hui ?

Jean-Marc Pouchol : Tout d’abord, je souhaite préciser que la Guinée est un marché stratégique et prioritaire pour Air France. Notre volonté est réellement d’accompagner le développement des voyages depuis la Guinée et vers la Guinée. Pour ce faire, nous avons décidé d’augmenter de manière significative notre offre entre la Guinée et Paris. Cela se traduit de deux manières complémentaires.

La première, c’est l’augmentation des vols directs entre Conakry et Paris. Par exemple, dans la période à venir, pendant l’hiver, nous aurons deux fois plus de vols directs entre ces deux destinations. Nous avions l’année dernière sur la même période trois vols directs depuis Conakry vers Paris. Nous en aurons six sur la période à venir et la même chose dans le sens inverse depuis Paris vers la Guinée. C’est le premier levier de développement de notre croissance.

Le deuxième levier se fait au travers de la mise en place d’appareils de plus grande capacité. Nous avons d’ores et déjà, pendant l’été, remplacé l’Airbus A330 par l’Airbus A350, qui présente une offre de sièges augmentée de 100 sièges supplémentaires par rapport à l’A330. Tout ceci résulte d’une augmentation significative de notre offre.

Quels sont les points forts du programme hiver 2025 d’Air France pour la Guinée, en termes de fréquences, de destinations et de confort des passagers ?

Nadia Azale : En fait, on renforce une offre directe qui va se traduire par une augmentation de 700 sièges par semaine. On mettra un de nos plus beaux avions long-courriers, l’Airbus A350, sur la Guinée. Ce sont des cabines plus récentes, plus confortables, des sièges plus ergonomiques. En termes d’offres et de qualité de produits, on va se rapprocher beaucoup plus des grands standards internationaux. C’est un investissement majeur pour notre groupe, pour la Guinée.

Jean-Marc Pouchol : Pour illustrer l’ampleur de cette croissance, nous avons une croissance de l’offre en sièges qui atteint à peu près 35 %. Si on se réfère à la moyenne de la croissance sur l’ensemble de l’Afrique, nous sommes à l’ordre de 6 %. Cela illustre bien que la Guinée est une destination prioritaire. En réalité, c’est le pays sur lequel nous offrons la croissance la plus forte sur la période à venir.

Quelles sont les innovations en termes de produits et services qu’Air France met aujourd’hui en avant pour améliorer l’expérience passager en Guinée ?

Jean-Marc Pouchol : En termes d’innovation, c’est lié tout d’abord à l’A350. C’est un avion moderne en termes d’expérience client, qui apporte un confort supplémentaire, moins bruyant, et qui présente nos meilleurs produits à bord. Nous allons également mettre en place le Wi-Fi haut débit gratuit pour l’ensemble de nos clients inscrits à Flying Blue, notre programme de fidélité. Nous le mettons déjà en place avec une montée en puissance : 30 % de nos appareils seront équipés de ce Wi-Fi haut débit d’ici la fin de l’année, et un déploiement complet est prévu d’ici fin 2026.

Nadia Azale : On a déjà mis en place Canal+ à bord, dans l’offre de divertissement. Canal+ est connu pour ses séries originales et très apprécié dans le milieu francophone, particulièrement en Afrique et en France. C’est un atout majeur.

Il y a aussi la mise en place de surmatelas, qui arriveront courant novembre sur le réseau africain, pour améliorer le confort en cabine business. Ces surmatelas apportent un confort supérieur, un step supplémentaire pour nos passagers premium.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre offre premium ?

Nadia Azale : L’offre premium, c’est un vrai objectif de notre groupe. Nos atouts, c’est notre réseau. Air France relie Paris à tous les continents, et c’est cette capacité à connecter les pays africains au reste du monde que nous mettons en avant.

Nous voulons positionner notre marque de manière premium. Nous serons la première compagnie à proposer du Wi-Fi haut débit gratuit, accessible dès lors qu’on est membre du programme de fidélisation Flying Blue, dont l’adhésion est gratuite.

Nous investissons également dans les surmatelas, le catering à bord, la sélection des vins par nos sommeliers et la fluidité des parcours clients via la trajectoire Sky Priority. Ces efforts garantissent une expérience exclusive pour nos clients premium et renforcent notre positionnement haut de gamme.

Pouvez-vous expliquer l’importance du programme Flying Blue pour les clients et partenaires guinéens ?

Jean-Marc Pouchol :  Le programme Flying Blue permet à notre clientèle de gagner des miles, échangeables contre des billets gratuits sur Air France, mais aussi sur nos compagnies partenaires et auprès de nombreux partenaires commerciaux.

L’attractivité du programme est forte en Guinée. Aujourd’hui, un passager sur deux s’identifie comme membre de Flying Blue, et ce chiffre va continuer de croître. Ce programme ne sert pas seulement à accumuler des miles, il nous permet aussi d’identifier nos clients, de mieux les connaître et de leur proposer des offres personnalisées.

Le projet Simandou est une perspective majeure pour l’économie guinéenne. Comment Air France prévoit-elle de soutenir ce projet ?

Nadia Azale : Tout ce qu’on a exposé en termes de programme hiver n’est pas un hasard. On a écouté le marché guinéen et suivi les étapes clés du projet Simandou, notamment celles prévues en fin d’année. C’est pourquoi, nous avons décidé d’investir en capacité. Notre contribution, c’est de faciliter les déplacements vers et depuis la Guinée. Grâce à notre hub principal à Paris, nous connectons le pays à l’Asie, l’Amérique du Nord et l’Europe. »

Jean-Marc Pouchol : Nous nous appuyons sur la puissance de notre hub de l’aéroport Charles-de-Gaulle. Un passager sur deux au départ de Conakry est en correspondance, poursuivant son voyage vers d’autres destinations françaises, européennes ou mondiales. C’est une force considérable.

La question environnementale est cruciale : quelles mesures Air France met-elle en place pour réduire l’empreinte carbone de ses vols ?

Nadia Azale : L’écologie est au cœur de notre stratégie depuis plusieurs années. Nous nous sommes fixés des objectifs ambitieux pour réduire notre empreinte carbone. Cela passe par plusieurs actions.

D’abord, le renouvellement de notre flotte. Nous investissons près de deux milliards d’euros dans des avions plus légers et moins polluants, comme l’A350. Ensuite, nous avons supprimé les gobelets en plastique, réduit la presse papier et favorisé les matières recyclables.

Enfin, nous investissons dans le Sustainable Aviation Fuel (SAF), un carburant à base de matières végétales recyclées, réduisant fortement les émissions de CO₂. Actuellement, 1,5 % de notre carburant est issu du SAF, et nous visons 10 % d’ici 2030.

Jean-Marc Pouchol : L’ensemble du personnel est mobilisé autour de cet objectif, y compris nos pilotes, formés à l’écopilotage, pour réduire la consommation et les émissions en optimisant les routes aériennes.

Un dernier mot ?

Jean-Marc Pouchol : C’était ma première visite en Guinée, et j’ai été séduit par la population, son dynamisme et son enthousiasme. Nous ressentons ici une énergie de croissance et voulons y contribuer, à notre niveau, en renforçant nos liaisons et nos investissements.

Nadia Azale : Pour ma part, c’est ma deuxième visite. L’hospitalité, l’accueil et la vision des autorités nous ont séduits. Nous avons rencontré des acteurs engagés dans la transformation du pays, notamment autour du projet Simandou 2040. Cela nous motive à investir davantage pour accompagner la Guinée dans cette dynamique.

Ciré BALDE, pour VisionGuinee.Info

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