Nommé le 7 avril dernier par décret présidentiel comme premier président de la Cour d’appel de Conakry, Aly Touré a pris fonction ce jeudi 9 avril. L’ancien procureur spécial de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a profité de l’occasion pour exprimer sa reconnaissance et réaffirmer son engagement en faveur de la justice.
Dès sa prise de fonction, le magistrat a d’abord salué la confiance placée en lui par le chef de l’État. ‘’Je remercie particulièrement M. le président de la République, Mamadi Doumbouya, pour avoir renouvelé sa confiance en ma personne en m’envoyant comme premier président à la Cour d’appel de Conakry. Mais avant cela, cet homme, que je n’ai connu ni d’Adam ni d’Ève, a eu confiance en moi en me nommant procureur spécial à la tête de la toute première institution judiciaire chargée de lutter contre la corruption en République de Guinée. C’était une marque de confiance’’, a-t-il déclaré.
Revenant sur ses quatre années passées à la tête du parquet spécial de la CRIEF, Aly Touré a rendu un vibrant hommage à ses anciens collaborateurs, évoquant une véritable famille professionnelle.
‘’Après quatre années passées à la tête de la CRIEF, j’ai collaboré avec des hommes et des femmes loyaux. J’ai collaboré avec une famille. Cette famille m’a donné toute leur attention, leur engagement, leur soutien. Rien n’a fait défaut dans toutes les épreuves’’, a-t-il souligné, avant d’évoquer les difficultés rencontrées dès sa prise de fonction.
‘’Dans la conduite du parquet de la CRIEF, j’ai été menacé de mort aux premières heures de mon activité. La presse en a largement parlé. Mais cet événement a renforcé et galvanisé mon engagement dans la lutte contre la corruption’’, a-t-il affirmé.
Le nouveau premier président de la Cour d’appel est revenu sur son parcours dans la magistrature, marqué par une progression rapide et des responsabilités précoces.
‘’Après ma formation au Centre de formation judiciaire, où j’ai terminé major de ma promotion, j’ai choisi le parquet et j’ai été nommé substitut du procureur au tribunal de première instance de Mafanco. J’y ai gravi les échelons, avant d’être nommé procureur par intérim avec seulement cinq années d’expérience. C’était déjà une marque de confiance’’, a-t-il rappelé.
S’adressant à ses anciens collègues de la CRIEF, Aly Touré a tenu à maintenir le lien, malgré ce changement de fonction. ‘’A vous, membres de la CRIEF présents dans cette salle, sachez qu’on ne se quittera pas. Avec ce décret, une part de ma vie professionnelle se tourne, celle de la poursuite. Une autre s’ouvre, celle de juger, qui est un challenge encore plus grand et plus difficile’’, a-t-il indiqué.
Conscient des responsabilités qui l’attendent, il a insisté sur la continuité de son engagement au service de la justice. ‘’Ces deux étapes sont les éléments d’un même livre qui s’appelle justice. Avec l’aide de Dieu et le soutien constant de ma famille, je relèverai ce défi’’, a-t-il promis.
Face à ses nouveaux collaborateurs de la Cour d’appel de Conakry, le magistrat s’est voulu rassurant et rassembleur. ‘’Vous n’êtes pas des étrangers pour moi. La majorité des magistrats ici sont de ma promotion, nous nous connaissons. Le dynamisme que vous avez commencé, nous allons le poursuivre dans ses éléments positifs pour le bien de la justice’’, a-t-il déclaré.
Aly Touré a rappelé la lourde responsabilité qui incombe aux juges, tout en soulignant la dimension quasi sacrée de leur mission.
‘’Juger n’est pas facile. C’est un sacerdoce qui n’est dévolu qu’à Dieu Tout-Puissant. Il n’y a pas meilleur juge qu’Allah. Mais entre nous, les hommes, pour éviter le désordre, il faut bien une organisation où certains sont chargés de rendre la justice. C’est cette parcelle que nous exerçons’’, a-t-il conclu.
Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.Info
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