Le procureur spécial de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a déclaré mardi que le parquet qu’il dirige ne s’est pas engagé dans une chasse aux sorcières et promet d’agir dans le respect des lois.
A ceux qui s’accordent à dire que la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) ne s’intéresse qu’aux personnalités du gouvernement précédent, le procureur Aly Touré répond par la négative.
Il rappelle que ‘’la CRIEF a été créée alors que la Guinée était un centre de corruption et d’enrichissement par excellence. Malgré qu’on a tous les instruments chargés de lutter contre la corruption mais le pays continuait de sombrer dans une corruption qui ne pouvait pas dire son nom au sens premier du terme’’.
C’est pourquoi, Aly Touré souligne que ‘’lorsque la CRIEF a été créée, il y a des rapports qui ont été établi et qui dormaient dans les tiroirs. Des inspections sont passées dans différents services ministériels. Des audits ont été menés. Les résultats de tous ces travaux étaient stockés parce qu’ils ne trouvaient pas de répondants pour donner une suite judiciaire à ce qui était déjà compilé dans les documents’’.
‘’Après la création de la CRIEF, les dossiers nous ont été transmis. Ils ont quitté les couloirs de la présidence pour être transmis à l’inspection d’Etat, puis à l’agent judiciaire Ce sont ces différents rapports qui ont été reçus à la CRIEF. Quand ces dossiers viennent, ils méritent une analyse préalable, un examen approfondi pour voir ce qui est infraction, ce qui ne l’est pas, comment peut-on la qualifier pour ne pas mettre les magistrats dans l’impasse (…)’’, clarifie le procureur spécial de la CRIEF.
Le magistrat fait remarquer que ‘’lorsque vous regardez les dossiers qui nous ont été transmis, il n’y a pas que les membres du gouvernement précédent qui sont là-dedans., Nous avons analysé et orienté le dossier de Air Guinée. Nous sommes sur l’analyse du dossier du démantèlement du chemin de fer. Bientôt, il va être transmis devant la chambre d’instruction. Ces faits se sont passés bien avant la gestion du gouvernement précédent’’.
‘’Ce n’est pas une poursuite guidée que nous menons à la CRIEF. C’est une poursuite aplanie qui intéresse tout ce qui a été commis dans ce pays. La CRIEF a une compétence rétroactive, c’est-à dire qu’elle peut juger des affaires commises même avant son installation. Devant elle, les infractions qualifiées de crimes économiques et financiers sont imprescriptibles. Donc il n’y pas de délai pour les poursuivre’’, souligne-t-il.
Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.Info
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