Le mardi 27 octobre, des jeunes réclamant le courant électrique ont érigé des barricades dans la commune urbaine de Coyah, paralysant la circulation sur plusieurs axes routiers. Interrogé, le maire Elhadj Momo Bangoura a déploré l’attitude des manifestants. Il invite les chefs de quartier et les leaders religieux à sensibiliser les citoyens pour éviter de tels actes.
Selon le maire, ‘’ceux qui ont manifesté n’auraient pas dû le faire. Il fut un temps où il y avait le courant 24h/24. Mais ces derniers temps, la société Électricité de Guinée (EDG) rencontre des difficultés dont elle n’a pas encore déterminé la cause. Les jeunes ne devraient pas manifester. Surtout vers Km 50, ils ont bloqué la circulation de la route nationale Coyah-Forécariah. Ce qui n’est pas du tout normal’’.
Il affirme avoir mis à contribution les chefs de quartier et les imams pour sensibiliser la jeunesse.
‘’Nous avons commencé à informer dans les mosquées pour que cela ne se répète plus. Le courant électrique, c’est pour tout le monde, donc on peut attendre. Peut-être dans quelques jours, il y aura un retour à la normale. Mais organiser de telles manifestations, ce n’est pas normal. Nous avons conseillé aux chefs de quartier et aux imams d’informer les jeunes de ne plus manifester’’, estime le maire.
De son côté, Alsény Bangoura, président du Conseil préfectoral des organisations de la société civile de Coyah, dénonce les multiples coupures d’électricité et d’internet.
‘’Actuellement, la desserte en électricité à Coyah est un problème préoccupant, non seulement pour les commerçants mais aussi pour la population. C’est une denrée dont chacun de nous a besoin pour faire vivre ses activités. Si l’eau est la vie, le courant aussi est une nécessité. Or, il y a trop de coupures intempestives par endroits’’, déplore-t-il.
Selon lui, le manque de courant entraîne des pertes considérables aux citoyens. ‘’Nous savons que le réchauffement climatique frappe partout dans le monde et surtout chez nous. J’ai vu des personnes dormir dehors parce qu’il n’y a pas de courant. Des enfants pleurer en pleine nuit à cause de la chaleur. Des femmes obligées de sortir leurs condiments des réfrigérateurs pour les jeter à la poubelle. C’est vraiment préoccupant. La société en charge de ce secteur doit revoir cette situation’’, indique-t-il.
Cet activiste estime que, malgré qu’ils portent la voix de la jeunesse, ils ne sont pas toujours écoutés.
‘’Il y a eu des manifestations à Manéah, au quartier Nord et à Doumbouya. Quand nous remontons l’information pour dire qu’il n’y a pas de courant, on ne nous écoute pas. Si les gens manifestent et barricadent la route, on trouve automatiquement une solution. S’ils barricadent la route le matin et le soir, on donne le courant, c’est comme si on avait les moyens de fournir le courant mais qu’on refusait de le faire’’, analyse-t-il.
‘’Je n’encourage pas le fait de barrer la route. J’ai toujours opté pour le dialogue. Je ne suis pas d’accord qu’on sorte pour barrer les routes afin de réclamer nos droits. Mais pour éviter cela, il faut que la société chargée de fournir le courant nous écoute aussi’’, lance-t-il.
Il révèle que ‘’nous avons passé plus de 24h sans internet. Nous nous demandons si ce n’est pas un droit pour nous, le droit à la communication. Pourquoi nous priver de ce droit ? C’est parce qu’on a laissé une seule société faire ce qu’elle veut. Si elle veut couper, elle coupe. Si elle veut rétablir, elle rétablit. Si elle veut prendre l’argent des gens dans leur téléphone, elle le fait. Les gens se plaignent à longueur de journée’’.
‘’Le gouvernement doit prendre ses responsabilités pour protéger sa population face à ces arnaques. Quand vous allez dans certains pays limitrophes de la Guinée, ils ont dépassé ce stade. Nous, nous sommes encore là. Le constat est vraiment alarmant’’, martèle l’activiste de la société civile.
Djiwo BARRY, pour VisionGuinee.info
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