Alors que les autorités guinéennes oeuvrent pour l’évacuation des guinéens vivant en Ukraine, les deux doyens de la communauté guinéenne sont contraints d’y rester. Selon le président du Conseil des guinéens de l’étranger et africains en Ukraine, ces compatriotes ne disposent d’aucun passeport depuis leur arrivée dans ce pays de l’Est depuis 1978.
‘’Les guinéens qui sont là n’ont pas refusé de quitter. Il y en a qui sont obligés de rester. On a des doyens qui sont arrivés ici en 1978. Le premier, lorsqu’il est arrivé, il n’y avait pas de passeports à l’époque. Il est rentré avec un titre de voyage. Et depuis, il n’a pas cherché à avoir un passeport. Finalement, il est là sans passeport guinéen ou ukrainien. Donc lui, il ne peut pas voyager. Il a deux garçons et deux filles. Et il a des petits fils qui sont avec lui. Lui, il ne peut aller nulle part’’, nous confie Issa Sadjo Diallo.
‘’C’est quand même des guinéens, ils ont le droit de bénéficier de l’aide mais ils ne peuvent pas partir. Ils sont dans la ville de Zaporijjia où il y a la centrale électrique a été prise par les russes récemment. Le doyen a sa petite ferme, il se débrouille avec les moyens de bord. C’est difficile de leur dire de quitter, mêmes leurs petits-fils devraient intégrer l’armée’’, déplore-t-il.
Et M. Diallo de poursuivre, ‘’l’autre doyen est à Odessa, il est lui aussi arrivé en Ukraine en 1978, il a des enfants et des petits enfants ici. Il nous a dit que pour le moment, il ne peut pas quitter parce qu’il n’a rien’’. Malheureusement, souligne-t-il, ‘’on ne peut donner que le peu qui est là. Il dit là où il est, il ne paye pas le loyer. S’il quitte, il ne sait pas comment ce sera ailleurs. A vrai dire, il a peur de quitter. Parce qu’il est habitué à cet endroit où il vit. Depuis 1978, il n’a même pas été une seule fois en Guinée’’.
Par contre, assure le président du Conseil des guinéens de l’étranger et africains en Ukraine, ‘’beaucoup de nos compatriotes vont quitter dans les prochains jours. Avec mon collègue qui se trouve à Lviv, à la frontière avec la Pologne, nous voulons simplement aider ceux qui veulent partir. Nous, nous allons chercher à quitter après’’.
Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info
00224 622 989 711 /boussouriou.bah@visionguinee.info