Devant plus de 1500 participants venus d’une cinquantaine de pays, le Premier ministre Bah Oury a appelé à repenser le modèle économique de la Guinée et des pays africains afin de réduire leur dépendance aux marchés mondiaux des matières premières. À l’ouverture de la cinquième édition du Forum de l’investissement et du commerce Royaume-Uni-Afrique de l’Ouest et du Centre francophone (WCAF), il a mis l’accent sur l’industrialisation, le transfert de compétences et la valorisation des ressources locales pour créer davantage de richesses et d’emplois sur le continent.
Bah Oury a appelé les pays africains à mieux maîtriser leur économie, alors que les prix de leurs matières premières sont fixés sur les marchés mondiaux.
‘’Le prix de nos matières premières se forme sur les marchés mondiaux. La place que nous occuperons demain dans l’économie mondiale dépend des décisions que nous prenons aujourd’hui. Pour la Guinée, le choix est clair : développer une puissance productive, maîtriser davantage les technologies et faire grandir des entreprises capables de conquérir des marchés. À cet effet, nous invitons nos partenaires à prendre part à cette transformation’’, a-t-il déclaré.
Le Premier ministre a invité les délégations britanniques et africaines ainsi que les investisseurs présents à Conakry à nouer des partenariats économiques axés sur la réalisation de projets concrets.
‘’Votre présence ouvre une perspective que nous devons saisir ensemble. Celle de faire converger les capitaux, les savoir-faire et les priorités de développement de nos pays autour de projets dont nous assumons collectivement la réussite’’, a-t-il indiqué.
Bah Oury a présenté le programme Simandou 2040, lancé sous le leadership du président Mamadi Doumbouya, comme un pilier du développement économique de la Guinée.
‘’Sous l’impulsion de Son Excellence Monsieur Mamadi Doumbouya, président de la République, le programme Simandou 2040 fixe le cap de cette transformation. Il nous appartient de faire de la richesse minière un moteur de diversification économique. Cela exige une électricité fiable pour nos industries, des infrastructures permettant de réduire les coûts logistiques et des financements accessibles aux entreprises. Nos bassins agricoles doivent pouvoir approvisionner des unités de transformation et accéder aux marchés régionaux’’, a-t-il précisé.
Bah Oury a par ailleurs souligné les possibilités de coopération avec le Royaume-Uni dans les domaines de la finance, de l’ingénierie et de la technologie. Il a également rappelé que les projets doivent être bien préparés pour attirer les investisseurs.
‘’Notre travail commun doit désormais permettre à ces projets d’atteindre la maturité technique et financière nécessaire à leur réalisation. Des études solides, des contrats équilibrés et une répartition maîtrisée des risques sont indispensables’’, a-t-il fait remarquer.
Il a assuré que l’État guinéen entend jouer pleinement son rôle en améliorant l’environnement des affaires et en veillant au respect des engagements pris avec les partenaires.
‘’Le gouvernement de la République de Guinée prendra toute sa part en améliorant la coordination administrative et la prévisibilité du cadre d’investissement. Nous veillerons à la soutenabilité des engagements publics, ainsi qu’au respect des obligations de chaque partenaire’’, a-t-il promis.
Le Premier ministre a plaidé pour une participation accrue des entreprises guinéennes aux investissements.
‘’ Je tiens également à ce que les entreprises guinéennes trouvent pleinement leur place dans ces investissements. Le contenu local doit se traduire par des contrats accessibles à nos entreprises, des transferts de compétences et une capacité accrue à répondre aux exigences industrielles. La qualification de nos jeunes doit être intégrée dès la conception des projets’’, a-t-il souligné.
Le Premier ministre estime que cette dynamique de transformation doit s’étendre à l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, à travers une meilleure intégration des économies et le développement des échanges commerciaux.
‘’En reliant davantage nos réseaux de transport et d’énergie et en facilitant les échanges, nous pouvons élargir les débouchés de nos entreprises et renforcer leur compétitivité’’, a-t-il soutenu.
Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info
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