En présidant l’ouverture des travaux de l’Atelier technique régional ‘Une seule santé’ (One Health), le Premier ministre Bah Oury a insisté sur le lien étroit entre la santé humaine, la santé animale et la préservation de l’environnement. Selon le chef du gouvernement, la proximité croissante entre l’homme et les animaux, notamment en raison de la destruction des écosystèmes naturels, favorise l’apparition de nouvelles maladies.
Pour le chef du gouvernement guinéen, le thème de cette rencontre est d’une importance capitale au regard des défis sanitaires auxquels le continent africain est confronté. ‘’L’actualité de notre continent démontre que le sujet est davantage pertinent pour nous. L’Afrique centrale, avec les récurrences d’émergence de la fièvre hémorragique Ebola, montre combien il est indispensable de renforcer les connaissances pour prévenir les risques et sécuriser les populations’’, a indiqué Bah Oury.
Rappelant l’épidémie d’Ebola qui a frappé la Guinée, la Sierra Leone et le Liberia entre 2013 et 2015, il a souligné que cette crise sanitaire a profondément affecté les économies des pays concernés et provoqué la mort d’environ 15 000 personnes.
Le Premier ministre a également évoqué les grandes pandémies de l’histoire pour démontrer que le lien entre l’animal et l’apparition de certaines maladies n’est pas un phénomène nouveau. ‘’La peste a failli décimer l’humanité. À l’époque, les populations ne savaient pas que le vecteur porteur de la maladie était le rat, cet animal qui était partout, sous les lits, dans les caniveaux et dans les habitations. Il a décimé une grande partie de la population européenne, aussi bien en Europe de l’Ouest qu’en Europe centrale’’, a-t-il expliqué.
Abordant la pandémie de Covid-19, le locataire du palais de la Colombe a rappelé qu’un animal, le pangolin, avait été évoqué parmi les espèces suspectées d’avoir joué un rôle dans la transmission du virus, tout en précisant qu’il ne s’agissait pas de le désigner comme responsable. ‘’Le Covid a montré la fragilité de notre écosystème mondial, aussi bien sur le plan économique que sur le plan des infrastructures. Si nous détruisons l’habitat des animaux, si nous ne prenons pas en compte leur indispensable nécessité de disposer d’un milieu où ils peuvent vivre et survivre, il est évident qu’ils vont se rapprocher des lieux où vivent les êtres humains, et cela peut générer l’émergence de nouvelles maladies’’, a-t-il averti.
À cet effet, M. Bah a appelé le ministère de l’environnement et du développement durable à intégrer davantage la protection des habitats naturels dans les politiques de restauration des forêts. ‘’Il faut que les animaux puissent vivre et survivre dans leur milieu, loin des habitats humains. C’est une nécessité absolue. La relation entre l’environnement, la santé et l’émergence de nouvelles épidémies est directe, et l’ignorer aujourd’hui serait une preuve de cécité’’, a-t-il mis en garde.
Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info
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