Bah Oury : “Avec le président Doumbouya, la volonté de renaître, de refonder, a vu le jour”

À l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry, le Premier ministre Bah Oury a présidé, le 3 mars dernier, l’accueil d’une nouvelle cohorte de 300 enseignants-chercheurs. Au-delà d’une simple cérémonie administrative, le chef du gouvernement a livré un plaidoyer vibrant pour la réhabilitation du savoir en Guinée, liant ce recrutement massif à une nécessité historique de rompre avec des décennies de déclin intellectuel.

Face à 300 docteurs (PhD) venus renforcer les rangs académiques, le Premier ministre Bah Oury a choisi d’ouvrir le « rétroviseur de l’histoire » pour situer l’enjeu de ce recrutement.

Il a rappelé qu’au lendemain de son indépendance, la Guinée était la terre d’accueil des esprits les plus brillants, une époque où “des enseignants, des chercheurs de tous les pays progressistes ont accouru pour secourir la jeune République”.

“Par la suite, vous savez ce qui s’est passé, et la Guinée est retombée pratiquement dans l’oubli. Avec le président Doumbouya, la volonté de renaître, de refonder, a vu le jour et j’en suis très heureux parce que c’est pour nous qui sommes nés avec l’indépendance de ce pays, un juste retour des choses”, a-t-il déclaré.

Pour le chef du gouvernement, ce retour aux sources est essentiel car, par le passé,“l’intelligence a été persécutée, l’intelligence a été pourchassée”.

Le constat dressé par Bah Oury sur les décennies écoulées est sans concession. Il a déploré que “la volonté de niveler par le bas avait prospéré pendant très longtemps, et ça nous a coûté excessivement cher”.

En accueillant ces nouveaux experts, il a affirmé que le pays renoue enfin avec sa vocation première, car selon lui, “la volonté de renaître est symboliquement traduite par le fait que la Guinée cherche les meilleurs cerveaux africains et du monde pour venir enseigner à ses étudiants”.

Il a insisté sur le fait que la formation d’une élite est un processus d’une extrême fragilité, rappelant qu’il “faut au minimum 37 ans pour former un leader capable de jouer son rôle”, mais qu’en revanche, “une seconde suffit pour éliminer ces cerveaux”.

Pour le Premier ministre, l’objectif est désormais de “briser plusieurs plafonds de verre” en s’appuyant sur ce partenariat d’expérience. Il a exhorté la communauté universitaire à considérer ce recrutement comme le point de départ d’une révolution académique.

“Nous devons œuvrer à remettre le niveau global de nos enfants, de nos étudiants à un tel niveau pour qu’ils puissent être en mesure d’avoir le même niveau que nos autres camarades des pays africains”, a-t-il martelé, voyant dans cette mise à niveau le moteur indispensable de l’intégration régionale.

“Ce qui est en train d’être fait, c’est une contribution pour l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest”, a-t-il ajouté.

Abdoulaye Bella DIALLO pour VisionGuinee.Info
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