Suite à la victoire écrasante du « Oui » au référendum constitutionnel du 21 septembre, malgré les appels au boycott de l’ancien président Alpha Condé et de l’ex-Premier ministre Cellou Dalein Diallo, le Premier ministre Bah Oury a lancé mercredi un appel pressant aux acteurs politiques regroupés au sein des Forces vives de Guinée. Il les invite à changer de fusil d’épaule et à privilégier l’intérêt général.
Le chef du gouvernement a souligné la nécessité de contre-pouvoirs efficaces pour refléter une ‘’certaine qualité, un sens de responsabilité élevé, une vision ouverte et constructive, ‘parce que c’est cela qui va fonder l’efficacité de ces contre-pouvoirs’’.
Pour Bah Oury, ‘’des contre-pouvoirs qui ne cherchent qu’à discréditer, qu’à noircir le tableau et à nier la réalité, il va de soi que par la force et les dynamiques naturelles d’une société qui est en perpétuelle évolution et de modernisation, ils n’auront plus la possibilité d’avoir des personnes qui vont les écouter ou qui vont les suivre’’.
Il exhorte la classe politique à privilégier les débats de fond. ‘’Notre appel est davantage orienté vers la recherche de la positivité dans les contradictions. Il ne faut pas dire : ‘Je suis systématiquement contre vous parce que c’est vous’. Allons au fond des choses. Ayons un débat profond. Critiquons les approches programmatiques. Opposons les projets de société. C’est cela qui va fonder une véritable qualification de notre démocratie et une acceptation des positions de l’autre, sans que ce soit systématiquement : ‘Tant que c’est toi, je dirai que tout est négatif’’’’, a-t-il ajouté.
Le Premier ministre demande aux acteurs politiques d’avoir une ‘’approche plus intelligente, plus novatrice, plus fraternelle et plus exigeante dans les oppositions, en termes de programmes et de projets de société. Ne mettons pas systématiquement notre ego surdimensionné au-dessus des intérêts de millions et de millions de personnes. Malheureusement, ce sens de l’humilité fait souvent défaut dans la société moderne’’.
Il les invite à un retour à des ‘’valeurs traditionnelles présentes dans nos cultures’’, avant de souligner que ‘’l’expression de la démocratie dans des sociétés marquées par des guerres de religion ou par des clivages sociaux intenses n’est pas la caractéristique majeure des sociétés africaines, qui ont toujours évolué dans le sens de la recherche d’un consensus fort, basé sur un dialogue permanent.
‘’Il faut que nous revisitions nos valeurs. Si nous agissons ainsi, nous pourrons évoluer et avancer ensemble tout en demeurant parfois différents. C’est la règle du progrès humain’’, a-t-il lancé.
Pathé BAH, pour VisionGuinee.info
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