Les résultats préliminaires du 4e Recensement général de la population et de l’habitation (RGPH-4), ont été publiés ce mercredi 25 février 2026 à Conakry. Le Premier ministre Bah Oury a analysé l’exode massif des hommes dans certaines préfectures, une réalité qui impose de nouveaux défis pour la protection des familles et la planification des services sociaux.
En examinant les données régionales, le Premier ministre a pointé une réalité sociologique frappante. Les taux de masculinité les plus faibles sont enregistrés dans les régions de Labé et Mamou.
Cette situation signifie que ‘’les hommes sont partis’’ à l’étranger ou vers d’autres pôles économiques, laissant derrière eux un déséquilibre démographique majeur qui pèse sur les structures sociales traditionnelles.
Ce constat impose, selon Bah Oury, ‘’une approche singulière en ce qui concerne les questions de famille, les questions d’éducation et les besoins d’une majorité de femmes qui se retrouvent très souvent abandonnées et qui doivent survivre par leurs propres moyens’’.
Analysant l’évolution du rapport de masculinité sur le long terme, le Premier ministre a rappelé que le pays a connu des fluctuations liées à son contexte politique. Il a noté qu’après ‘’la chute du premier régime, il y a eu un afflux de retours de ceux qui étaient à l’étranger et le taux est passé rapidement de 95% à environ 97% entre 1983 et 1996’’.
Cependant, le basculement s’est opéré à la fin des années 90, lorsque ‘’les crises ont commencé’’, citant notamment les conflits au Libéria, en Sierra Leone et les crises intérieures de gouvernance. Dès lors, les citoyens ont massivement repris le chemin de l’exil pour ‘’chercher un avenir ailleurs’’.
Le chef du gouvernement se veut néanmoins optimiste pour l’avenir, prévoyant un retournement de tendance structurel. Il estime qu’avec la dynamique actuelle, ‘’le taux va remonter, car nous sommes dans une phase de croissance économique qui sera un appel d’air pour ceux qui sont dans la région et les guinéens qui étaient partis à l’étranger et qui vont revenir’’.
Cette perspective de retour impose à l’État d’anticiper les besoins sociaux fondamentaux, car ‘’les familles auront besoin d’écoles, de logements et de services publics performants pour stabiliser ces populations’’.
Bah Oury a rappelé que cette nouvelle démographie de la Guinée doit orienter les dépenses publiques vers les zones qui en ont le plus besoin.
Avec une population rurale s’élevant à 61,3%, il a martelé ‘’la nécessité de planifier nos dépenses en faveur des campagnes’’.
Il a salué les initiatives comme l’installation d’une centrale solaire à Thianguel Bori, précisant que c’est ce type d’écosystème qui ‘’permet aux populations rurales de rester et de bénéficier de conditions de vie meilleures’’, luttant ainsi contre le déracinement et la précarité des foyers ruraux.
Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.Info
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