Bah Oury veut une ‘’administration capable de produire des textes de qualité’’

A l’occasion du deuxième Forum international des secrétaires généraux de gouvernement, le Premier ministre Bah Oury a mis l’accent sur la nécessité de moderniser l’administration publique à travers les nouvelles technologies. Le chef du gouvernement estime que l’intelligence artificielle, lorsqu’elle est utilisée de manière maîtrisée, peut contribuer à améliorer la qualité des textes juridiques, accélérer le traitement des dossiers et renforcer l’efficacité de l’action publique.

Dans son intervention, Bah Oury a souligné ‘’une responsabilité majeure, celle de faire de la transformation technologique un progrès réel dans la manière de gouverner et de servir nos citoyens. Pour les secrétariats généraux du gouvernement, cette question touche au cœur même de leur mission : la qualité du droit, la préparation du travail gouvernemental, la continuité de l’État et la préservation de sa mémoire’’.

Le Premier ministre a invité les participants à réfléchir aux conditions nécessaires pour tirer pleinement profit de cette technologie, tout en garantissant la fiabilité de son utilisation.

‘’Comment l’intelligence artificielle peut-elle renforcer ces missions ? À quelles conditions pouvons-nous lui faire confiance ? Quelles compétences et quelles garanties devons-nous construire ensemble ? Voilà les questions auxquelles ce forum doit apporter des réponses concrètes’’, a-t-il indiqué.

Évoquant les possibilités offertes par cette innovation, le chef du gouvernement a notamment cité la recherche documentaire, l’analyse juridique et le suivi des décisions administratives.

‘’Dans vos services, l’intelligence artificielle ouvre des possibilités importantes : faciliter la recherche dans les textes et les archives, aider à détecter les incohérences juridiques, préparer des synthèses documentaires et signaler les retards dans le traitement des dossiers. Bien utilisée, elle peut dégager du temps pour l’analyse, améliorer la préparation des arbitrages et rendre l’information publique plus accessible’’, a-t-il expliqué.

Selon Bah Oury, les résultats de cette transformation devront être appréciés à travers des améliorations concrètes dans le fonctionnement des services publics.

‘’Sa valeur se mesurera à la fiabilité du travail accompli, aux délais réduits et à la qualité du service rendu. C’est pourquoi, vos échanges sur les indicateurs communs de performance sont essentiels. Ils doivent nous permettre de vérifier les progrès réalisés et de partager les solutions qui fonctionnent. Cette exigence rejoint directement l’ambition de la Guinée à travers le programme Simandou 2040 porté par le président de la République de Guinée’’, a-t-il souligné.

Le Premier ministre souligne ‘’la réussite de nos projets et de nos réformes exige une administration capable de produire des textes de qualité, de disposer d’informations fiables et de suivre les décisions jusqu’à leur mise en œuvre. Une utilisation maîtrisée de l’intelligence artificielle peut renforcer cette capacité’’.

Abordant la problématique de la gestion des commandes publiques, le locataire du palais de la Colombe a reconnu les difficultés auxquelles sont confrontés de nombreux États africains. Il a mis en avant les efforts entrepris par la Guinée pour digitaliser les procédures de passation des marchés publics, grâce à une coopération avec le Rwanda.

‘’Prenons un exemple qui m’est particulièrement cher : la mercuriale des prix des marchés publics. Et comme vous le savez, les marchés publics constituent un casse-tête pour la plupart des pays africains. Et grâce à la coopération avec le Rwanda, nos équipes ont réussi à implémenter une application qu’on appelle Telemo dans le cadre de la digitalisation des marchés publics’’, a-t-il révélé.

Dans le prolongement de cette réforme, il a donné des instructions visant à intégrer l’intelligence artificielle dans les outils de référence utilisés pour déterminer les prix des biens et services dans le cadre des marchés publics.

‘’Nous avons exigé que la mercuriale des prix, aussi bien des biens et services du côté de l’INSE, c’est-à-dire l’Institut national de la statistique, que la mercuriale des prix confectionnée par l’ACGP devront incorporer l’intelligence artificielle’’, a-t-il précisé.

Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info

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