Cette semaine, l’heure n’est plus aux politesses de circonstance. Nous devons scruter l’actualité nationale les yeux grands ouverts et interpeller directement notre conscience collective. Car, on le voit bien, un péril toxique ronge nos fondations : ce laisser-aller et ce laisser-faire chroniques qui gangrènent la gestion de la chose publique chez nous, en Guinée.
Allons-nous continuer de fermer les yeux sur ces détournements et cette course folle à l’enrichissement personnel devenus des sports nationaux ?
Non, il y a le feu à notre rivière ! Dénonçons haut et fort le renoncement à l’exemplarité ! Écartons les démons du passé ! C’est notre obligation vitale pour l’avenir et pour la Guinée que nous léguerons.
Regardons l’Office guinéen de publicité (OGP) ! En vertu du décret présidentiel du 15 octobre 2026, Mohamed Bangoura, alias Bang’s, prend les commandes de cette régie clé. Mais attention !
Le défi ne sera pas simplement technique, il sera éthique, dans la mesure où l’histoire récente de cette institution reste entachée par les déboires répétés de ses prédécesseurs, presque tous épinglés pour mauvaise gestion ou prévarication.
Le nouveau directeur général est attendu au tournant. S’il veut éviter de se retrouver devant les tribunaux pour détournement de deniers publics ou enrichissement illicite, il devra faire preuve d’une intégrité de fer, placer l’intérêt général bien au-dessus des appétits financiers et honorer la confiance accordée par le président Doumbouya, ainsi que son devoir de redevabilité envers le peuple.
Cette exigence de rigueur absolue doit prévaloir de la même manière pour nos infrastructures routières.
Dès lors, posons franchement la question ! À quoi bon engloutir des milliards de nos francs dans des chantiers pharaoniques si le manque de suivi et l’absence de redevabilité condamnent nos routes avant même la fin des travaux ?
Une chose est certaine : on ne peut plus jouer les spectateurs résignés face à un système cynique où l’argent du citoyen finit dans les poches d’une caste de rapaces. Sans imputabilité et sans bonne gouvernance, tous nos investissements partent en fumée. Pourtant, la preuve est faite que les choses peuvent bouger.
En inaugurant 148 km de rails et le plus long tunnel d’Afrique de l’Ouest, le 12 octobre 2026, à bord du Koma, entre Morébaya et Kassa, le président Doumbouya n’a-t-il pas ressuscité le train de voyageurs, disparu depuis des décennies ?
Le constat n’est-il pas net, clair et sans appel ? Des rails modernes aux régies financières, la Guinée ne détient-elle pas enfin entre ses mains tous les leviers de son renouveau ? Mais soyons lucides !
À quoi serviront ces chefs-d’œuvre de développement s’ils ne restent que de la poudre aux yeux et si nous continuons d’endurer le retour des vieilles habitudes corruptionnelles ?
Appelons donc à un véritable sursaut patriotique pour nettoyer la maison et bannir enfin ces mauvais démons !
Par Alpha Abdoulaye Diallo, dans Le Populaire du 19 octobre 2026