Le procès de Bella Bah devant le Tribunal de première instance de Dixinn, ouvert ce lundi 17 août 2026, est entré dans sa phase des réquisitions du ministère public et plaidoiries de la défense. Le parquet a requis un an d’emprisonnement contre l’activiste, poursuivi pour des faits d’injure set de diffamation par le biais d’un système informatique. Les avocats du prévenu ont plaidé pour sa libération pure et simple.
Dans son réquisitoire, le ministère public a insisté sur la nécessité de sanctionner les infractions commises dans le cyberespace. Pour le procureur, l’internet ne doit pas être considéré comme une zone échappant au droit.
‘’Il faudrait que les gens soient au courant que le cyberespace n’est pas une zone de non-droit. Il y a une loi, un règlement qu’on doit utiliser. Voilà pourquoi, Monsieur le président, nous avons été certains là, nous espérons qu’il va mieux’’, a déclaré le représentant du ministère public.
Le procureur Oumar Diallo a évoqué l’ampleur que peut prendre une diffamation lorsqu’elle est diffusée par voie informatique. Selon lui, la rapidité de propagation des contenus sur internet aggrave leur impact.
‘’Mais lorsqu’une diffamation est commise sur le cyberespace, en un clic, Monsieur le président, en une fraction de seconde, c’est des millions de personnes qui sont informées. Et justement, c’est parce que l’impact de l’infraction est plus grave’’, a-t-il expliqué.
S’appuyant sur les dispositions légales relatives aux infractions commises par voie de système informatique, le ministère public a demandé au tribunal de condamner Bella Bah à une peine d’un an d’emprisonnement.
‘’Vous le condamnerez, Monsieur le Président, à une peine d’un an de prison’’, a requis le procureur.
Après les réquisitions du ministère public et les plaidoiries de la défense, le président du Tribunal de première instance de Dixinn, Mohamed Sangaré, a donné la parole à Bella Bah pour son dernier mot.
Face au tribunal, l’activiste a exprimé sa reconnaissance à la juridiction et réaffirmé son attachement à la Guinée, tout en niant toute intention d’injurier, de calomnier ou de diffamer.
Il a mis en avant son parcours professionnel et son engagement auprès de la jeunesse guinéenne. Il a rappelé qu’il n’avait jamais été condamné par la justice et qu’il consacrait une grande partie de son activité à la formation et à l’encadrement des jeunes.
‘’Je tiens à vous exprimer ma reconnaissance pour votre sagesse et pour la conduite des débats. Je suis un entrepreneur, je suis un guinéen qui aime ce pays et qui se bat pour que ce pays aille de l’avant. Je n’ai jamais été jugé et condamné. Je n’ai jamais volé, je n’ai jamais triché dans ce pays. Ce que j’aime, c’est d’entreprendre, de créer et d’inspirer des jeunes pour aller de l’avant. Je forme plus de 400 élèves et j’encadre plus de 30 personnes au sein de mon entreprise. Je n’ai jamais insulté qui que ce soit’’, a-t-il indiqué.
Revenant sur les propos qui lui sont reprochés, Bella Bah a soutenu qu’ils auraient pu être compris ou interprétés différemment de son intention initiale. Il a demandé au tribunal de tenir compte de l’absence, selon lui, d’une volonté de porter atteinte à l’honneur ou à la réputation de qui que ce soit.
‘’Peut-être que mes propos ont été interprétés autrement, mais je n’ai jamais eu l’intention d’injurier, de calomnier ou de diffamer qui que ce soit. Votre décision va donner de l’espoir à certains élèves. Elle va permettre que je puisse continuer à faire ce que j’aime : éduquer, encadrer et inspirer’’, a-t-il ajouté.
Face à la demande du ministère public, les avocats de Bella Bah ont demandé au juge de procédé à sa libération pure et simple, estimant que le prévenu regrette les faits qui lui sont reprochés.
Selon eux, les explications fournies par leur client à la barre, doivent conduire le tribunal à ne pas retenir une peine d’emprisonnement contre lui.
À l’issue de l’audience, Me Alseny Aïssata Diallo, l’un des avocats de la défense, l’avocate a affiché sa confiance et espère que le tribunal accordera à son client de larges circonstances atténuantes, avec à la clé sa libération.
‘’Nous sommes confiants et rassurés que le tribunal sera humain et qu’il va lui accorder de très larges circonstances atténuantes. Nous espérons qu’à l’audience sous peu, nous allons obtenir la libération de notre client’’, a-t-il confié à la presse.
Le procès est mis en délibéré. Le verdict est attendu le mercredi 19 août 2026.
Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.Info
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