Depuis quelques semaines, l’ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo multiplie ses interventions dans les médias en France, où il séjourne actuellement. Après TV5 et France 24, il était l’invité de l’émission Face à l’Afrique sur Afrik1, où il a de nouveau exprimé avec fermeté son opposition au régime militaire au pouvoir en Guinée.
Cellou Dalein Diallo a précisé qu’il s’oppose non pas aux militaires en tant que tels, mais aux pratiques qu’il qualifie d’antidémocratiques et aux violations des droits humains.
‘’Ecoutez, il faut corriger un peu, c’est vrai que je suis opposant à une junte qui n’était pas censée compéter pour le pouvoir. Je suis opposant à la violation des droits de l’homme, des droits humains et des libertés fondamentales. J’œuvre pour l’instauration dans mon pays de la démocratie et de l’état de droit. Donc, chaque fois que quelqu’un qui est au pouvoir ou qui n’est pas au pouvoir essaie de combattre ces valeurs, je me retrouve dans l’opposition parce que ma conviction, contrairement à certaines, je pense que l’Afrique a besoin de démocratie. La démocratie, dans l’une de ses manifestations, c’est la possibilité, les droits et les libertés des citoyens de choisir leur dirigeant et de les renvoyer par les urnes’’, a-t-il déclaré.
Il fait remarquer que depuis un certain temps, ‘’on a le sentiment qu’il y a une folie liberticide qui s’est emparée de cette junte-là. Vous avez vécu des choses, vous êtes informés : on a interdit les manifestations dans les rues et sur les places publiques. On a tué à bout portant des jeunes garçons et des jeunes filles qui voulaient manifester parfois contre les coupures d’électricité. Il y a 65 jeunes qui ont été abattus et qui n’ont eu droit à aucune justice, à aucune compassion des autorités. Les auteurs de ces coups de feu ont parfois bénéficié de promotions parce que, dit-on, ils ont empêché que les manifestations aient lieu. Je suis contre ça, la liberté de manifester dans les rues et sur les places publiques fait partie, pour moi, des libertés fondamentales’’.
Dalein reproche à la junte militaire d’avoir ‘’foulé aux pieds tous les engagements qu’elle avait pris lors de la prise du pouvoir. N’oublions pas qu’elle s’était engagée à mettre fin à l’instrumentalisation de la justice, à mettre fin au piétinement des droits et libertés des citoyens et au dysfonctionnement des institutions. Elle s’était engagée à organiser des élections libres, transparentes et inclusives. Et elle s’était également engagée à ne pas prendre part à ces élections’’.
Il se dit plus que jamais convaincu que ‘’Mamadi Doumbouya va être candidat. Il s’apprête à commettre un parjure parce qu’il n’a pas encore prononcé sa candidature. Mais il y a une campagne qui a mobilisé des citoyens au frais de la République, des Mamayas, comme on les appelle, pour l’inciter justement à commettre le parjure et à être candidat à l’élection présidentielle prévue pour le retour à l’ordre constitutionnel’’.
A ses yeux, ‘’soutenir le maintien de Doumbouya au pouvoir, c’est soutenir les violations massives et récurrentes des droits humains’’.
Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.Info
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