Tout est parti de la diffusion d’une ancienne vidéo dans laquelle des ivoiriens se font agresser par de supposés nigériens. Il n’en fallait pas plus pour susciter la colère de citoyens du quartier Yopougon-Micao, qui à la recherche de ressortissants de la communauté haoussa, s’en sont pris à des guinéens.
‘’Mercredi, aux alentours de 17h, alors qu’on était tranquillement assis dans notre boutique, nous avons entendu tout d’un coup une foule se diriger vers nous. Nous étions à l’intérieur de la boutique. Dans un premier temps, ils nous ont réclamé un billet de 2000 FCFA, on leur a donné. Un autre groupe est venu demander sa part, nous avons obéi. C’est ainsi qu’une autre foule a foncé droit sur nous pour défoncer les portes de la boutique. Ils se sont introduits pour piller tout le contenu. Ils n’ont pas laissé même un seul bonbon’’, raconte A. Diallo, commerçant à Yopougon-Micao, l’une des victimes.
A
Diouldé, lui, peine encore à évaluer les pertes subies dans ces violences. ‘’Le contenu de sept de mes boutiques a été pillé, ils ont tout vidé. Dans notre quartier, aucun boutiquier n’a été épargné’’, dit-il avant de poursuivre : ‘’Quand ils débarquent, ils disent que nous sommes tous des haoussas. C’est comme si ce sont des malfrats qui veulent profiter de la situation pour commettre des actes de vandalisme.
La communauté guinéenne a entamé des démarches auprès des autorités ivoiriennes pour que justice soit rendu. ‘’Nous avons déjà fait une déclaration commune. Hier jeudi, à la télévision, le gouvernement a annoncé que tous les auteurs seront recherchés et arrêtés. On ne sait pas si ça sera fait ou pas. On attend de voir, parce que nous avons tout perdu’’, nous confie un sage qui a préféré garder l’anonymat.
Aux dernières nouvelles, le chef de police de Yopougon-Micao a effectué une descente sur le terrain pour constater et ordonner une enquête.
Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info
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Les autorités du commissariat du 38e de Yopougon/Micao n’ont pas réagit face aux plaintes lors des agressions. Ce sont plutôt les voisins qui ont porté secours aux boutiquiers qui n’ont pas été vandalisés. Nous nous sommes rendus au commissariat pour déclarer qu’ils étaient entrain de casser des boutiques à Micao/Menekré mais eux nous ont répondus qu’ils attendent le soutien de la BAE et ne sont rendus sur les lieux que le lendemain après que ça ne soit trop tard