Des experts ont discuté mardi sur les défis pratiques et rôles des acteurs civils dans la prévention de l’extrémisme violent en Afrique. Pour le professeur Dodji Amouzouvi, socio-anthropologue des religions, la solution n’est pas que militaire.
Cet expert du Laboratoire d’analyse et de recherche religions, espaces et développement (LARRED) estime que ‘’la situation que nous avons en face est si complexe qu’une mauvaise connaissance et maîtrise sera fatale’’.
Il affirme que les uns et les autres doivent faire face à un défi communicationnel pour mettre la vraie définition sur le vrai problème qui se pose.
Parmi les facteurs qui favorisent la montée en puissance de l’extrémisme violent figurent la politique, l’ethnocentrisme, la xénophobie, la discrimination basée sur le genre, les injustices sociales, les frustrations, les défaillances de l’Etat, la collusion avec les pilleurs des puissances étrangères.
Pour prévenir l’extrémisme violent, il croit dur comme fer que l’une des solutions passe inévitablement par le dialogue et la coexistence pacifique et harmonieuse entre peuples, les populations afin qu’elles servent la stabilité et non l’instabilité.
‘’Nous sommes différents d’une différence enrichissante. Comment faire pour que les sociétés en Afrique et dans le monde parviennent à cette inter connaissance et abandonnent la position impérialiste chère à toute velléité terroriste terreau de la division et de l’instabilité ?’’, s’interroge-t-il.
A titre d’exemple, il indique que le Bénin a initié la police républicaine fusion entre la gendarmerie et la police après l’expérience de la police de proximité.
Pour une coproduction de la sécurité et des renseignements, il soutient que ‘’la société civile africaine devra porter le combat de la bonne gouvernance et de la sécurité et refuser de servir de couverture. Au Bénin, il y a eu des brigades civiles de sécurité qui participaient à la sécurité des quartiers’’.
En matière de prévention de l’extrémisme violent, ‘’il faut un changement radical de paradigme de vision et une réduction des injustices qui passe par le renforcement des capacités des civils leur reconnaissance comme acteurs importants’’.
Le conférencier plaide pour ‘’la création et le maintien de conditions de justice et d’équité sociale, techniques, matérielles et psychosociales nécessaires une responsabilisation et une meilleure organisation des civils’’.
Il encourage l’écoute que ‘’les décideurs nationaux offrent aux civils et leur volonté à tout le moins affichée de lutter contre les goulots de tous genres au développement notamment la corruption’’.
L’autre solution passe par un appui diversifié approprié et ciblé aux acteurs civils, aux universités et structures de recherches qui pourrait prendre la forme de renforcement de capacité institutionnelle, économique, technique et managériale.
Il faudra également mise sur la conception et la réalisation d’un réseautage efficace multi acteurs en Afrique dans le but d’échanger des connaissances et des bonnes pratiques afin de permettre aux civils à être les premiers acteurs de leur sécurité et de celle des autres.