La Fédération des Femmes pour la Paix Mondiale (FFPM) a décerné ce mardi 23 décembre la distinction de Global Women Ambassador for Peace à Euphrasie Kouassi Yao, Ministre, Conseillère spéciale du Premier Ministre et Titulaire de la Chaire UNESCO « Eau, Femmes et Pouvoir de Décisions » (CUEFPOD).
Cette distinction internationale consacre trente-cinq (35) années d’engagement constant au service de l’égalité des chances entre les femmes et les hommes, érigée par la Ministre en socle structurant de la paix durable, de la prévention des conflits et du développement équitable.
Ce sacre récompense une vision où la compétence, la justice sociale et la transformation des mentalités constituent les leviers les plus efficaces de la stabilité des sociétés.
Au-delà de l’hommage, le prix Global Women Ambassador for Peace reconnaît un parcours d’exception, jalonné d’initiatives structurantes ayant profondément marqué les politiques publiques et les cadres internationaux de référence.
Dans son allocution, la Présidente nationale de la FFPM–Côte d’Ivoire, Marie-Thérèse ENAN, a rendu un hommage appuyé à la lauréate. ‘’Au-delà de vos hautes fonctions, vous êtes aujourd’hui, pour toutes les femmes de Côte d’Ivoire, une boussole, une source d’inspiration et un modèle d’excellence’’, a-t-elle dit en s’adressant à Mme Euphrasie Kouassi Yao.
‘’Le 13 mars 2025, dans la Salle E du Bâtiment de l’Assemblée Générale de l’ONU, j’ai été le témoin privilégié d’un moment historique. Devant les experts de l’OCDE et de la Banque Mondiale, vous avez porté avec brio l’expertise ivoirienne. En démontrant comment l’Indice SIGI a permis à notre pays d’être sacré Champion d’Afrique, vous avez prouvé que le leadership féminin est le moteur de la paix et du développement durable. Ce jour-là, à New York, vous n’avez pas seulement représenté la Côte d’Ivoire, vous avez honoré l’Afrique tout entière’’, a-t-elle ajouté.
En lui décernant cette distinction, la FFPM associe désormais la Ministre Euphrasie Kouassi Yao à un ‘’panthéon de femmes d’exception’’, aux côtés de figures telles que l’ancienne Présidente du Libéria et Prix Nobel de la Paix, Ellen Johnson Sirleaf.
Elle a salué un ‘’symbole dont la portée spirituelle me conforte dans le choix que j’ai fait il y a plus de 35 ans : bâtir les fondements d’une paix véritable et durable au bénéfice de l’humanité’’.
‘’Sachez que la paix est le dénominateur commun de tout ce que nous avons menés comme projet depuis tant d’années’’, a-t-il indiqué, avant d’énumérer ses multiples initiatives, de l’approche Genre et Développement à la Formation en Ingénierie du Genre, en passant par le Master en Genre, Économie et Gestion durable de l’Eau et le programme BASE (Bâtisseurs d’Amour et de Solidarité Efficace), tout en soulignant que chacune contribue à construire ou à restaurer les conditions de la paix.
Elle précise que ‘’quand la nature des conflits changent, les solutions doivent évoluer. Nous croyons en la force des communautés portées par les femmes et les jeunes’’, avant d’appeler à une troisième voie pour la paix : ‘’Celle qui ne vient pas uniquement des sommets diplomatiques ni de la force militaire, mais qui naît au sein même des communautés et des populations’’.
Elle a illustré cette vision par les résultats de son programme phare, CREA-PAIX (Communautés Régionales pour l’Autonomisation et la Paix), lancé en 2019. En six ans, ce programme a permis de toucher 27 pays dans 4 continents, plus de 2 500 bénévoles mobilisés et plus de 23 millions de personnes impactées.
La récipiendaire du prix a réitéré son engagement à œuvrer pour la paix. ‘’Nous ne nous arrêterons pas tant que chaque être humain n’aura pas accès à la paix. Tant que les femmes, porteuses de vie, ne vivront pas en sécurité et en dignité. Tant que les jeunes, espérance de l’Afrique et du monde, ne croiront pas et ne s’engageront pas pour un avenir pacifié. Tant que les communautés continueront de s’affronter faute de dialogue, de justice et de solutions adaptées. Nous ne nous arrêterons pas’’, a-t-elle affirmé.
Elle a tenu à dédier son prix aux artisanes de la paix et aux milliers de jeunes qui portent l’espoir d’un monde juste’’, rappelant que ‘’la paix est pour le développement ce que la respiration est pour le corps. Le moment est favorable, et ce moment, c’est maintenant’’.
La prestigieuse distinction Global Women Ambassador For Peace, décernée par la Fédération des Femmes pour la Paix Mondiale (WFWP/FFPM), honore des femmes d’exception dont l’engagement a contribué de manière significative à la promotion de la paix, de la réconciliation et de la cohésion sociale à travers le monde.
En 2006, cette distinction a été attribuée à Ellen Johnson Sirleaf, Prix Nobel de la Paix 2011 et première femme Présidente d’Afrique, saluant le soutien fort de la communauté internationale à sa mission de reconstruction nationale et de réconciliation après les années de guerre civile.
Par la suite, plusieurs autres grandes figures féminines africaines ont été honorées pour leur contribution remarquable à la paix et à la stabilité. Il s’agit notamment de Nezha El Ouafi (Maroc), ancienne ministre déléguée chargée des Marocains résidant à l’étranger, distinguée en décembre 2024 à Londres pour son engagement diplomatique et social ; de Son Excellence Madame Fatima Vila Nova, Première Dame de Sao Tomé-et-Principe ; de Son Excellence Dame Patience Jonathan, ancienne Première Dame du Nigeria ; ainsi que de Son Excellence l’Ambassadrice Dr Callista Mutharika, ancienne Première Dame du Malawi et actuelle Ambassadrice de son pays au Kenya.
Dr Ida Odinga, épouse de l’ancien Premier ministre du Kenya, est également récipiendaire du prix pour son engagement constant en faveur de la paix, du dialogue social et du leadership féminin en Afrique de l’Est.
La Ministre Euphrasie Kouassi Yao devient ainsi la septième lauréate africaine et la première femme ivoirienne à recevoir cette prestigieuse distinction. Ce prix vient consacrer plus de trois décennies d’engagement en faveur de l’égalité des chances, de la paix durable et du leadership féminin, en Côte d’Ivoire, en Afrique et sur la scène internationale.