Poursuivi pour détournement de deniers publics, blanchiment de capitaux et corruption portant sur un montant estimé à 20 milliards de francs guinéens, Mohamed Lamine Bangoura a comparu ce mercredi 18 février 2026 devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Il a rejeté les faits mis à sa charge.
L’ancien président de la Cour constitutionnelle sous le régime d’Alpha Condé, Mohamed Lamine Bangoura, était à la barre de la chambre de jugement de la CRIEF ce mercredi 18 février 2026.
Il est poursuivi pour des faits présumés de détournement de deniers publics, blanchiment de capitaux et corruption, sur un montant de 20 milliards de francs guinéens. À la barre, Mohamed Lamine Bangoura a déclaré ne reconnaître aucun des faits qui lui sont reprochés, soutenant que les accusations portées contre lui ne reposent sur aucun fondement légal.
Dans sa défense, il a expliqué le mode de fonctionnement de la Cour constitutionnelle durant son mandat, affirmant qu’il n’avait ni la qualité d’ordonnateur ni celle de gestionnaire des fonds évoqués.
“En matière financière, on ne détourne que ce qui existe. La Cour constitutionnelle n’a jamais disposé de budget. Mais nous avions 1 200 000 000 GNF par trimestre. On payait 11 milliards par an pour la location ; on ne sait pas qui payait, on nous confie simplement que cela a été payé. Les 9 milliards, c’est le salaire du personnel. La Cour n’est pas une institution de gestion financière, c’est une institution de normalisation. Je ne suis ni ordonnateur ni gestionnaire de ces fonds”, a-t-il déclaré.
Selon lui, ces éléments démontrent qu’il ne saurait être tenu responsable d’éventuels détournements ou irrégularités financières reprochés à la Cour constitutionnelle.
Par ailleurs, Mohamed Lamine Bangoura a dénoncé un traitement judiciaire qu’il juge inéquitable. Il a indiqué que neuf (9) personnes sont poursuivies dans ce dossier, mais qu’il demeure le seul à avoir été placé en détention.
Il a déclaré se trouver dans une “situation d’injustice notoire”, insistant sur le fait qu’il est l’unique prévenu incarcéré à la Maison centrale de Conakry, tandis que les autres accusés comparaissent libres et que certains sont en fuite.
La suite de la procédure est prévue le lundi 23 février 2026 devant la CRIEF.
Salimatou Baldé, pour VisionGuinee.Info
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