Le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), Alphonse Charles Wright, a instruit l’Office de répression des délits économiques et financiers (ORDEF) d’ouvrir une enquête préliminaire sur une présumée escroquerie liée à une transaction de 100 kilogrammes d’or, estimés à 4,318 milliards de FCFA. Dans un courrier daté du 12 octobre 2026, cette instruction fait suite à une plainte déposée le 7 octobre par Me Mountaga Kobélé Keita, avocat à la cour, pour le compte d’Aboubacar Doukouré.
La plainte vise Mohamed Lamine Konaté, Louck Men Diakité, Salia Yéyé et d’autres personnes, pour des faits présumés d’escroquerie et de complicité.
Selon les faits rapportés dans la plainte, Aboubacar Doukouré aurait conclu un accord commercial avec Louck Men Diakité, qui se serait présenté comme un professionnel du secteur aurifère. Pour réaliser cette opération portant sur 100 kg d’or, le plaignant affirme avoir déboursé 476 000 dollars américains au titre des frais de raffinage et d’autres formalités. Il aurait également été sollicité pour le paiement de différentes charges, dont une taxe représentant 7 % de la valeur de la marchandise.
Les échanges entre les deux parties auraient ensuite porté sur les modalités d’expédition. Alors qu’Aboubacar Doukouré aurait proposé un transport par Turkish Airlines ou Ethiopian Airlines, son partenaire aurait privilégié un transit par la Guinée, présenté comme l’itinéraire le plus sûr.
L’or aurait ainsi été expédié de Bamako à Conakry, accompagné de Salia Yéyé, présenté au plaignant comme le frère aîné de Louck Men Diakité.
À l’arrivée de la marchandise en Guinée, Aboubacar Doukouré aurait appris que le colis avait été intercepté par les autorités douanières. Un transitaire lui aurait alors demandé de verser des frais supplémentaires correspondant à 2,5 % de la valeur de l’or pour permettre le déblocage de l’opération.
Après des négociations, le plaignant aurait versé 211 000 dollars supplémentaires. D’après sa plainte, des paiements similaires, représentant le double de cette somme, auraient également été effectués en Côte d’Ivoire et au Ghana.
Malgré ces différents décaissements, Aboubacar Doukouré affirme n’avoir reçu ni les 100 kg d’or ni le remboursement des sommes engagées. La plainte fait notamment état de 400 millions de FCFA consacrés à l’achat de l’or.
Face à ces accusations, Alphonse Charles Wright a demandé l’ouverture d’une enquête préliminaire afin de vérifier les faits dénoncés et d’identifier les éventuelles responsabilités.
Les investigations devront notamment permettre d’identifier toutes les personnes intervenues dans la transaction, de déterminer les montants effectivement versés et d’évaluer l’étendue du préjudice allégué. Les enquêteurs devront également rechercher les 100 kg d’or, si leur existence est établie, et procéder à leur saisie ainsi qu’à leur placement sous scellés provisoires, le cas échéant.
L’audition de Kankou Moussa est aussi prévue pour confirmer ou infirmer la réalité de l’opération de raffinage mentionnée dans la plainte.