CRIEF : l’ex-ministre Mohamed Diané clame son innocence et exige une ‘’justice impartiale, équitable et sans influence politique ni préjugée’’

Après avoir été condamné à cinq ans de prison en décembre, l’ancien ministre de la défense, Dr Mohamed Diané, poursuivi pour détournement de fonds publics, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux et corruption d’agents publics, ainsi qu’au paiement de 500 milliards de francs guinéens au titre de dommages et intérêts au préjudice de l’État guinéen, a vu son procès en appel s’ouvrir ce jeudi 6 mars devant la chambre de l’appel de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).  

Dès sa prise de parole, Dr Mohamed Diané a réaffirmé ‘’mon innocence face aux accusations portées contre moi, lesquelles ne reposent sur aucune preuve tangible, ni sur une base juridique solide’’.

Poursuivant, l’ex-ministre de la défense sous Alpha Condé a dénoncé des irrégularités qui ont marqué cette procédure. ‘’Les irrégularités flagrantes qui ont entaché cette procédure, depuis l’enquête préliminaire jusqu’au verdict final, sont indéniables. Elles soulèvent des questions graves quant à l’intégrité de ce processus judiciaire et au respect des principes fondamentaux du droit”, a-t-il martelé.

“Concernant l’accusation de détournement de deniers publics, il est inconcevable que je sois condamné pour un délit dont les éléments essentiels n’ont jamais été clairement établis. Aucun montant précis ne m’a été reproché lors de l’enquête préliminaire et devant les magistrats instructeurs. Sauf curieusement, le jour de la plaidoirie, les avocats de l’agent judiciaire de l’État ont déclaré un montant de 500 mille milliards détournés, sans aucune preuve documentaire présentée à l’audience. Aucun témoin clé n’a été entendu’’, a-t-il dit.

Concernant sa première condamnation, il a demandé ‘’comment peut-on condamner une personne sans même savoir ce qu’elle est censée avoir détourné ? Comment elle l’a fait ? Et à quelle fin ces fonds auraient été utilisés ? Pourtant, en matière de détournement de deniers publics, la charge de la preuve incombe au ministère public. C’est à lui de rapporter la preuve de l’infraction. C’est évident que ma condamnation repose sur des allégations vagues et non étayées. Ce qui constitue une violation flagrante des principes fondamentaux du droit pénal’’.

En ce qui concerne les accusations d’enrichissement illicite, de blanchiment de capitaux et de corruption, le prévenu affirme que plusieurs biens lui ont été attribués. A la barre, il a laissé entendre que ‘’plusieurs biens qui m’ont été attribués n’ont aucun lien avec moi. Et aucune preuve n’a été fournie pour étayer ces allégations. De plus, contrairement à ceux qui sont aux affaires en ce moment, mes déclarations de patrimoine effectuées en toute transparence devant la Cour suprême en 2011 et devant la Cour constitutionnelle en 2016 ont été ignorées. Cette omission délibérée de vérifier des faits aussi sensibles démontre un parti pris évident et une volonté de me condamner à tout prix, sans égard pour la vérité ou la justice’’.

Il a ensuite formulé une requête à la cour. ‘’Je vous demande de reconsidérer mon dossier avec impartialité et rigueur. Un procès équitable ne peut se fonder sur des allégations non étayées, des preuves absentes et des inégalités procédurales aussi graves’’.

Avant de plaider pour une justice juste et indépendante. ‘’La justice doit être rendue de manière transparente et équitable, sans influence politique ni préjugée. J’ai confiance en votre sagesse et en votre engagement envers la justice pour rétablir la vérité et réparer cette injustice. L’histoire jugera, mais c’est aujourd’hui que nous avons l’opportunité de faire ce qui est juste’’, a-t-il conclu.

Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.Info 

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