Crise de liquidité en Guinée : le silence du mouvement syndical devient une question nationale

Depuis plusieurs semaines, une réalité inquiétante s’installe dans le secteur bancaire guinéen : le manque de liquidité.

Des clients attendent pendant des heures devant les banques pour retirer leur propre argent.

Des agences sont à court de cash. Des employés travaillent sous une pression permanente face à des clients frustrés et inquiets.

Mais au-delà de la crise financière, le problème le plus grave est la crise de confiance qui s’installe.

Quand les citoyens hésitent à déposer leur argent à la banque, quand les banques elles-mêmes peinent à se ravitailler en liquidités, c’est tout l’équilibre du système financier qui vacille.

Et pourtant, face à une situation aussi sensible, un silence troublant domine. Où est passée la voix du mouvement syndical guinéen ?

Dans un pays où les travailleurs souffrent de la hausse du coût de la vie, où les ménages peinent à joindre les deux bouts, le syndicat devrait être en première ligne pour défendre les travailleurs, interpeller les autorités et alerter l’opinion publique.

Mais aujourd’hui, le silence est assourdissant. Particulièrement celui de la FESABAG, le syndicat du secteur bancaire, qui devrait être au cœur de cette crise qui touche directement les travailleurs des banques et du système financier.

Beaucoup de Guinéens ne peuvent s’empêcher de penser que si le syndicaliste Général Sow Abdoulaye était encore parmi nous, nous aurions au moins entendu une déclaration forte, une interpellation publique, voire des actions de protestation. Mais hélas…

Son absence semble avoir laissé un vide profond dans le leadership syndical. La réalité est aujourd’hui difficile à ignorer : le mouvement syndical guinéen traverse lui aussi une crise de crédibilité et de leadership.

Et face aux défis économiques et sociaux actuels, il devient urgent de repenser en profondeur la lutte syndicale en Guinée.

Non pas pour créer la confrontation inutile, mais pour sauver ce qui peut encore être sauvé : la dignité des travailleurs, la confiance dans les institutions et la stabilité sociale. Car lorsqu’un peuple souffre et que ceux qui doivent porter sa voix se taisent, le silence finit toujours par devenir un problème national.

Il est peut-être temps de repenser la lutte en Guinée.

Ibrahima Diallo 

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