Très attendu à la barre pour livrer sa part de vérité dans les douleureux événements du 28 septembre 2009, l’ancien président Dadis Camara poursuit son audition devant les juges du tribunal criminel de Dixinn delocalisé à la Cour d’Appel de Conakry.
Donnant sa version des faits de ce jour fatidigue de l’histoire de notre pays, le capitaine Moussa Dadis a balayé d’un revers de la main les propos tenus par son aide de camp. Il accuse Toumba Diakité d’être l’exécutant des atrocités commises au stade du 28 septembre pour l’écarter du pouvoir. Extraits !
‘’Le jour du 28 septembre, à 11h, Joseph Makambo est venu me dire qu’il y a une manifestation. C’est ce jour-là que j’allais peut-être trouver la mort avant que Toumba Diakité ne tire sur moi. Mais Dieu ne l’a pas voulu. Je suis sorti de mon bureau pour dire que je vais aller calmer la population. Parce que je me suis dis que cette population avait de la sympathie pour moi. Puisque Dieu n’a pas voulu que je sorte, c’est Toumba qui s’est déplacé pour venir dans mon bureau. C’est quand je me suis déplacé, la clé n’était pas là. Donc je n’avais plus le choix. Je suis resté dans mon bureau. Entre temps, on vient me dire qu’il y a un groupe qui est parti au stade conduit par Toumba et qu’il y a eu des morts. J’ai eu une réaction furieuse.
Mon aide de camp qui est venu me dire de rester dans ma chambre et on me dit qu’il s’est retrouvé au stade. Sous le colère de la colère, je me suis dit qu’il faut que je l’arrête. En toute sincérité, j’allais l’arrêter. Je suis resté dans ça. Quand il est revenu, il y a un habillement militaire sous forme de blouson où il dissimulait des grenades. Quand je lui ai vu dans cette position, je lui ai demandé où il était. Il a donné des explications en racontant du n’importe quoi. Quand il m’a dit qu’il est allé sauver les leaders au stade du 28 septembre, j’ai compris que je ne pouvais pas parce qu’il a l’arsenal sur lui.
Face à la situation, j’ai eu des conseils. J’ai dit qu’on va saisir les Nations Unies pour enquêter sur ce qui s’est passé au stade. C’est moi qui ai pris la décision, on ne me l’a pas imposée. Pour une question de transparence, j’ai créé une commission nationale. Parce qu’il y a une commission nationale et indépendante. La situation s’est passée dans notre pays, les magistrats ont essayé de travailler sur le dossier. J’ai payé cette commission.
Une nuit, le colonel Pivi est venu voir le général Sékouba Konaté pour lui dire qu’il va arrêté Toumba. Dès que Toumba est rentré, il a dit : ‘Je vais l’arrêter’. C’est là que je suis descendu pour dire non. Comment peut-on saisir la CPI et en même temps arrêter les gens ? Ça veut dire que je veux me rendre justice. J’ai demandé de surseoir (…).
Les événements du 28 septembre, c’est un complot savamment orchestré pour me faire partir où me tuer. Il faut qu’on ait le courage de le dire.
Djiwo BARRY, pour VisionGuinee.Info
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