Avec 7,8 milliards de dollars mobilisés en 2025 contre 1,4 milliard en 2024, la Guinée s’est hissée au premier rang en Afrique subsaharienne et au deuxième sur l’ensemble du continent, derrière l’Égypte, selon les données de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED).
Cette progression spectaculaire est portée par la dynamique du mégaprojet minier de Simandou, l’un des plus importants investissements miniers en cours sur le continent. Elle intervient alors que le régime du président Mamadi Doumbouya présente le renforcement de l’attractivité de la Guinée et l’afflux de capitaux étrangers comme des éléments majeurs de sa politique économique.
Mais pour l’ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo, ces chiffres ne sauraient être présentés comme le résultat d’une politique réussie d’attraction des investissements. Interrogé par RFI sur la progression des IDE en Guinée depuis l’arrivée au pouvoir du président Mamadi Doumbouya, il reconnait l’ampleur du phénomène, tout en relativisant sa portée.
‘’Oui, mais c’est une réalité. Le problème, c’est que ce n’est pas le résultat d’une politique judicieuse. C’est la conjoncture internationale, favorisée par une demande forte de nos mines. Ce n’est pas le fait d’une politique particulière d’attraction des investisseurs étrangers’’, a-t-il indiqué.
Il attribue cette hausse d’investissements étrangers en Guinée à la conjoncture internationale et à l’intérêt croissant des investisseurs pour les ressources minières guinéennes. A ses yeux, l’afflux de capitaux ne traduit donc pas une amélioration de l’environnement économique résultant de décisions spécifiques prises par les autorités.
Cellou Dalein Diallo surtout sur leur impact concret sur la vie des populations. Pour lui, la progression des IDE ne peut être considérée comme une réussite économique si elle ne s’accompagne pas d’une amélioration des conditions de vie.
‘’Est-ce que ceci, pour l’instant, contribue à l’amélioration des conditions de vie de Guinée ?’’, s’est-il interrogé avant de répondre : ‘’Non, puisque, entre-temps, la Banque mondiale note que la pauvreté s’est aggravée dans le pays’’.
Djiwo BARRY, pour VisionGuinee.Info
00224 621 85 28 75/djiwo.barry@visionguinee.info