Dalein n’est pas prêt à rentrer en Guinée : “Doumbouya me considère comme l’adversaire numéro un à abattre…”

L’ancien Premier ministre enchaîne les sorties après la dissolution du parti qu’il a dirigé depuis une dizaine d’années. Cellou Dalein Diallo, qui n’est pas prêt à digérer cette autre impasse, affirme avec fermeté que la Guinée vit sous une dictature.

Sur France 24, l’ancien Premier ministre soutient dur comme fer que la Guinée sous le règne de Mamadi Doumbouya est une “dictature”, se demandant “depuis combien de temps il a pris des décisions pour restreindre les libertés publiques, pour violer les droits humains dès son arrivée au pouvoir”.

“Malgré les engagements pris dans le discours de prise du pouvoir, la junte a interdit les manifestations, elle a démantelé les équipements des radios, elle a retiré les agréments à toutes les radios critiques et elle a assassiné infiniment plus de 65 jeunes qui tentaient de manifester alors que la manifestation était pleinement autorisée par la charte de la transition que le colonel d’alors avait juré de respecter et de faire respecter”, a-t-il déclaré.

Avant de réitérer qu’il s’agit d’une “dictature sanglante en plus”, rappelant “les disparitions forcées, des cas de Foniké Mengué, de Billo Bah, de Marouane Camara (…)”.

Il dénonce aussi ce qu’il qualifie d’assassinat dans des “conditions atroces du général Sadiba Koulibaly, qui était le numéro 2 de la junte, parce que simplement lui est intervenu en faveur du respect des engagements pris, c’est-à-dire l’organisation diligente des élections et le retour de l’armée dans les casernes. Mais il a été torturé et assassiné dans les geôles de la junte. Il y a beaucoup d’autres cadres, beaucoup d’autres activistes de la société civile. Maintenant, lorsqu’ils ne peuvent pas mettre la main sur un opposant à l’étranger, ils s’en prennent à sa famille. C’était le cas de l’artiste Elie Kamano, dont on a pris les enfants. Ils sont portés disparus et on n’a aucune nouvelle. C’était le cas aussi du père de Babila, etc.”.

En ce qui concerne son retour au pays après des années d’exil, Dalein ne cache pas son désarroi, expliquant que “le général Sadiba Koulibaly est rentré et il a été non seulement arrêté, radié de l’armée, jugé, condamné, mais assassiné dans les prisons”.

Pour lui, “il n’y a pas de justice. La justice est au service de Doumbouya et de sa dictature. C’est lui qui décide des décisions de justice. Donc, comme il me considère, il considère l’UFDG comme l’adversaire numéro un à abattre, je ne peux pas me prêter à ce jeu de rentrer et de dire que je viens défendre mes droits”.

Il assure que “dès qu’il y aura une justice, naturellement, moi je serai là pour me défendre. D’ailleurs, j’ai porté plainte pour un certain nombre de griefs, pour un certain nombre d’accusations portées contre ma personne au niveau de la Cour de justice de la CEDEAO”.

Abdoulaye Bella Diallo, pour VisionGuinee.Info

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