Tout en se réjouissant de l’adoption de la loi organique portant statut des anciens présidents, anciens chefs de l’État et de leurs conjoints, ainsi que les avantages et privilèges qui y sont liés, le président du Conseil national de la transition, Dansa Kourouma assure que l’exercice du pouvoir demeure complexe en Afrique.
‘’Cette nouvelle dynamique s’inscrit dans un contexte africain tout particulier où l’exercice du pouvoir politique demeure, pour de nombreux dirigeants, un parcours complexe, traversé de tensions, d’interrogations et parfois de profondes contradictions. En Afrique, et en Guinée plus particulièrement, la responsabilité suprême de diriger l’État est souvent vécue comme une épreuve exigeante, parfois solitaire, où se croisent l’incertitude du lendemain et la pression constante du jugement public’’, indique le président du Conseil national de la transition.
Avant de poursuivre : ‘’Dès lors, une interrogation récurrente traverse l’histoire politique de nombre de nos États. Faut-il se retirer du pouvoir au risque d’un effacement brutal de l’œuvre accomplie, ou s’y maintenir au prix de fractures institutionnelles et sociales préjudiciables à la stabilité nationale ? Ce dilemme, trop souvent affronté en l’absence de mécanismes institutionnels clairs et crédibles, a durablement fragilisé la gouvernance sur notre continent. La loi organique, objet de cette plénière, s’inscrit pleinement dans la vision de refondation de l’État et de rectification institutionnelle prônée sous le leadership éclairé de M. le président de la République, le général Mamadi Doumbouya. Elle ne procède ni d’une faveur discrète consentie dans la confidentialité des bureaux, ni d’un privilège accordé à quelques individus. Elle consacre, au contraire, un engagement solennel de la République : celui de garantir une continuité de dignité et de protection après une vie consacrée au service de la Nation’’.
Pour Dansa Kourouma, ‘’ce texte traduit le devoir de reconnaissance de l’État envers celles et ceux qui ont exercé les plus hautes responsabilités publiques, souvent au prix de sacrifices personnels considérables, parfois au détriment de leur sécurité, de leur liberté, voire au péril de leur vie. Il vise à assurer que l’engagement au service de la République ne se termine ni dans l’oubli ni dans la précarité, mais dans le respect, la considération et la stabilité institutionnelle, afin que l’État demeure debout et crédible face aux épreuves de l’histoire et du temps’’.
‘’La loi qui a été adoptée est une loi élaborée dans la rigueur et l’exigence de la conformité avec la Constitution et les bonnes pratiques en la matière. Elle consacre des droits, mais elle impose surtout des devoirs stricts, au premier rang desquels figurent l’obligation de réserve, la neutralité politique et le respect constant de l’éthique républicaine. En adoptant cette loi, nous rompons résolument avec le cycle de la peur et de l’incertitude. Nous adressons un message clair, sans équivoque, à celles et à ceux qui exercent aujourd’hui, ou exerceront demain, les plus hautes responsabilités de l’État’’, assure Dr Kourouma, avant de préciser qu’il s’agit ‘’d’un acte majeur de refondation institutionnelle, donc d’un acte de paix républicaine et d’un choix démocratique assumé’’.
Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info
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