Des armes de guerre dans le maintien d’ordre ? “C’est l’UFDG et le RPG qui ont concocté cette loi à l’Assemblée”, selon Mory Condé

A l’occasion d’une rencontre avec les diplomates accrédités en Guinée, les ministres Mory Condé de et Morissanda Kouyaté sont revenus mardi sur les réformes entamées par les autorités de transition. Le patron du département de l’administration du territoire a partagé son opinion les manifestations dans notre pays. 

S’exprimant sur les manifestations appelées par les forces vives les 17 et 18 mai, le ministre de l’administration du territoire estime qu’en réalité, il ne s’agit pas de manifestations. 

“C’est simplement pour semer la terreur dans une partie de la ville de Conakry afin de montrer qu’on est puissants parce qu’on rend le pays ingouvernable”, souligne Mory Condé. 

Les autorités ont jugé utile de rencontrer les membres du corps diplomatique pour les mettre au diapason de l’information. “Avec le ministre des affaires étrangères, on s’est dit qu’il fallait trouver un moyen pour discuter avec les diplomates et présenter la situation”.

“Les manifestations antérieures, on dit souvent qu’il y a eu tel ou tel nombre de morts. Je précise depuis de 9 mois, chaque fois qu’il doit y avoir une manifestation, les unités opérationnelles de maintien d’ordre qui doivent intervenir sur le terrain, notamment la police en premier lieu, la gendarmerie en seconde lieu, chaque fois que vous voyez une Jeep de la gendarmerie sur le terrain de maintien d’ordre, à côté du conducteur, c’est un officier de police judiciaire. Si avant, n’importe quelle personne pouvait aller sur le terrain du maintien d’ordre, aujourd’hui, vous avez cet OPJ qui fera la constatation de tous les faits répréhensibles ou d’infractions à la loi pénale pendant l’opération”, explique le ministre Mory Condé. 

Il ajoute que lors du maintien d’ordre, “les agents ne feront jamais usage d’armes à feu lorsque la question de légitime défense n’est pas établie par l’OPJ pour qu’un agent puisse utiliser son arme pour faire des tirs de sommation afin de pouvoir se frayer un chemin. Mais aujourd’hui, on fait croire qu’à chaque manifestation, c’est l’armée qui sort. L’armée est sortie une seule fois pendant les manifestations. Et ça aussi, il le fallait parce que la terreur était tellement grave pour les citoyens qu’il fallait le faire”.

Aux diplomates, le patron du département de l’administration du territoire précise que dans “la législation fonctionne sur la base des textes de loi qui ont été votés par l’Assemblée nationale. Les années passées, avant le 5 septembre, ceux qui sont dans les rues aujourd’hui, ce sont ceux-là qui se sont entendus pour voter une loi portant sur le maintien d’ordre en République de Guinée. Dans cette loi, ce sont eux qui ont prévu qu’en plus de la police et la gendarmerie, l’armée peut venir avec des Kalasnikov pour faire le maintien d’ordre. Le jour qu’ils ont fait passer cette loi, moi à l’époque secrétaire de l’OGDH, je suis parti faire un sit-in pour marquer notre désaccord parce que ce sont des choses qui vont rester éternellement. Aujourd’hui, ce sont eux qui sont dans les rues alors qu’ils ont voté ces lois”.

“C’est l’UFDG et le RPG, au détriment de toute la nation, qui ont concocté cette loi à l’Assemblée nationale pour dire que la police, la gendarmerie et l’armée peuvent venir avec les armes de guerre. Ce n’est pas le CNRD, ni le gouvernement de la transition“, soutient-il mordicus. 

Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.Info

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