L’activiste Ibrahima Diallo, responsable des opérations du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), s’est exprimé sur TV5 Monde Afrique au sujet de la décision des autorités de dissoudre plusieurs partis politiques en Guinée. Il a critiqué ce qu’il considère comme une stratégie visant à confisquer le pouvoir et à réduire au silence les voix opposées au régime du président Mamadi Doumbouya.
Selon lui, la population guinéenne n’a désormais qu’une seule option face à cette situation politique ‘’La dissolution des formations politiques, surtout les principales formations politiques, n’est que la suite logique d’un agenda de confiscation du pouvoir connu de tous les guinéens. La volonté réelle des autorités, c’est de supprimer toutes les voies opposées aux autorités’’, a-t-il déclaré.
L’activiste en exil estime que cette dynamique a débuté avec la dissolution du FNDC avant de s’étendre progressivement aux partis politiques. ‘’D’abord, elles ont annoncé la dissolution du FNDC, principal organisateur de la société civile guinéenne. Ensuite, elles ont suspendu des partis politiques pour enfin finir par les supprimer systématiquement. Donc il n’y a aucune surprise dans cette décision’’, a-t-il affirmé.
Les autorités guinéennes évoquent des manquements aux obligations légales pour justifier la dissolution des 40 formations politiques. Un argument que rejette Ibrahima Diallo. ‘’Pas du tout, les autorités elles-mêmes ne croient pas à cet argument. Aujourd’hui, tous les guinéens savent que la ligne directrice consiste à gérer le pays de manière unilatérale, avec un rapport de force imposé. Le peuple de Guinée se bat avec les mains nues et ne peut que résister face à l’oppression’’, a-t-il soutenu.
Il estime que la situation actuelle éloigne davantage la Guinée des principes démocratiques. ‘’Nous ne sommes plus dans un État de droit. Nous sommes dans une dictature assumée, intégrée comme mode de gouvernance, ce qui enfonce notre pays dans une incertitude profonde’’, a-t-il ajouté.
Au cours de cet entretien sur TV5 Afrique, Ibrahima Diallo a évoqué la question des disparitions forcées, citant notamment le cas de deux responsables du FNDC. ‘’Aujourd’hui, nous sommes le 9 mars 2026. Cela fait 20 mois que mes collègues Fonikè Menguè et Billo Bah ont été enlevés et victimes de disparitions forcées. Depuis 20 mois, nous n’avons aucune nouvelle d’eux, aucun signe de vie’’, a-t-il déploré.
Comparant la situation actuelle à celle du régime de l’ancien président Alpha Condé, il affirme que la répression est aujourd’hui plus forte. ‘’J’ai été emprisonné deux fois sous Alpha Condé. Mais même condamné arbitrairement, ma famille avait accès à moi. Aujourd’hui, on parle de disparitions forcées. Des familles restent des mois sans aucune nouvelle de leurs proches’’, a-t-il déclaré.
Il assure qu’en Guinée, ‘’tout le monde a peur pour sa famille en Guinée. Personne n’est en sécurité. Les médias crédibles sont supprimés, les partis politiques sont dissous. Nous sommes face à un État qui a choisi la dictature totale comme mode de gouvernance’’.
Il estime que ‘’la junte a intérêt à s’ouvrir au dialogue. Elle ne peut pas continuer à gérer le pays dans la répression systématique. Si elle ne rectifie pas le tir, le seul choix qui restera au peuple de Guinée, ce sera la résistance à l’oppression. Et nous sommes décidés pour cela’’.
Salimatou BALDÉ, pour VisionGuinee.Info
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