Après des mois de suspension, le ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation (MATD) est passé à la vitesse supérieure. Dans une décision rendue publique sur les ondes de la RTG ce vendredi, le gouvernement a procédé à la dissolution de 40 partis politiques, dont les principaux partis d’opposition, notamment l’UFDG de l’ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo, le RPG Arc-en-ciel de l’ancien président Alpha Condé et l’UFR de l’ancien Premier ministre Sidya Touré, pour manquements à leurs obligations.
Dans un entretien accordé à notre rédaction ce lundi 9 mars, le président du Mouvement pour la solidarité et le développement (MSD) se demande pourquoi ces formations politiques n’ont pas réussi à se conformer aux nouvelles exigences des autorités pendant tout ce temps. Il assure qu’aucun pays ne peut aspirer au développement sans une véritable démocratie.
‘’Les avis sont un peu partagés parce que le gouvernement avait demandé à tous les partis, dont le nôtre, de fournir des documents. Nous, nous avons réussi à tout donner. Je ne sais pas maintenant comment une grande partie, comme le RPG et l’UFDG, n’ont pas pu donner satisfaction au gouvernement. Nous voulons que les autorités sachent que c’est elles qui doivent maintenant apprendre aux guinéens comment pratiquer la politique. Parce que s’il n’y a pas de démocratie, c’est très mauvais pour eux-mêmes. Alors, qu’ils favorisent la compétition, le dialogue même contradictoire, c’est ce qui est bon pour le pays. Un pays ne peut pas avancer sans ça. Même en Chine, en Russie et en Iran, qu’on sous-estime, c’est bien la démocratie, la lutte des contraires. C’est ce qui a fait évoluer certains pays. Donc, je pense qu’il faut en prendre compte’’, indique le président du MSD.
Malgré qu’il reconnaisse les mises en garde adressées à ces partis pour se mettre en règle, le président du MSD désapprouve cette décision du gouvernement.
44La dissolution, je ne l’apprécie pas, mais je sais qu’il y a eu un effort. Nous, nous savons combien d’efforts nous avons fournis et combien de fois on nous a appelés, on nous a contactés pour fournir tel dossier ou telle pièce. Alors, j’estime que l’UFDG est plus capable de le faire parce qu’ils ont plus de moyens, plus de disponibilité. Mais ce n’est pas bon de dissoudre. Il fallait trouver un autre moyen de les garder en vie au lieu de les dissoudre. Mais il y a eu une négligence de leur part. D’ailleurs, l’UFDG n’a jamais fonctionné comme une entité politique, un mouvement respectable, c’est toujours la mamaya’’, déplore-t-il.
À la question de savoir s’il ne craint pas des ripostes après cette décision de dissolution d’une quarantaine de formations politiques, Dr Abdoulaye Diallo répond sans ambages : ‘’Les troubles, on n’en a pas besoin. Je ne sais pas maintenant quelle est la position des militants et sympathisants des partis dissous, mais je pense qu’il faut éviter les troubles. Parce que nous avons la maturité de fonctionner. C’est vrai que ceux qui sont au pouvoir ne font pas bien et ceux qui sont dissous n’ont pas fait de bien et ne font pas de bien. Donc, il faut trouver un point pour qu’on réfléchisse et que chacun situe ses responsabilités pour que la Guinée gagne’’.
Djiwo BARRY, pour VisionGuinee.Info
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