La ministre de l’environnement et du développement durable a réaffirmé la détermination du gouvernement guinéen à appliquer le décret interdisant les objets plastiques à usage unique. Tout en rappelant les échéances fixées par cette réforme, Djami Diallo a assuré que l’État privilégie une démarche d’accompagnement des acteurs économiques et de sensibilisation des populations.
Selon la ministre de l’environnement et du développement durable, ce changement représente un tournant majeur pour les opérateurs économiques du secteur. ‘’Nous avons privilégié une approche d’accompagnement avec le secteur privé afin de promouvoir les alternatives durables, notamment les emballages biodégradables. Il est notamment prévu des incitations fiscales pour promouvoir les emballages biodégradables en Guinée’’, a-t-elle indiqué.
Dans cette dynamique, le gouvernement annonce également des initiatives destinées à réduire l’utilisation des emballages plastiques au quotidien. ‘’Avec le secteur privé, nous comptons installer des points d’eau et des fontaines dans les écoles ainsi que dans d’autres lieux publics, et continuer à renforcer les campagnes d’information et de sensibilisation. Cette réforme environnementale a pour objectif de favoriser l’émergence de nouvelles filières industrielles créatrices d’emplois verts’’, a-t-elle souligné.
Sur le volet contrôle, Djami Diallo explique qu’une collaboration est engagée entre plusieurs administrations. ‘’À travers une collaboration entre le ministère de l’Environnement, le ministère du Commerce et de l’Industrie ainsi que les forces de défense et de sécurité, notamment les conservateurs de la nature, nous procédons à des contrôles sur le terrain. À ce jour, une vingtaine d’entreprises ont fait l’objet d’inspections et de contrôles, avec d’importantes quantités de sachets d’eau saisies. Les contrôles vont s’intensifier à partir de septembre 2026, date de l’entrée en vigueur de l’interdiction de production d’objets plastiques à usage unique en République de Guinée’’, a-t-elle annoncé.
Elle se félicite également de la baisse des importations des matières premières utilisées dans la fabrication des sachets plastiques. ‘’Grâce à la collaboration entre le ministère de l’Environnement, le ministère en charge du Commerce et le ministère en charge du Budget, nous notons une réduction significative des importations de matières premières entrant dans la fabrication de ces sachets plastiques. Les autorisations d’importation ne sont plus délivrées et que des mesures de répression sont prises contre les contrevenants, notamment avec des conteneurs qui ont été saisis au port de Conakry ainsi qu’aux frontières maritimes et terrestres’’, a-t-elle souligné.
Toutefois, la patronne du département de l’environnement et du développement durable insiste sur l’importance de l’adhésion populaire. ‘’Notre priorité demeure la sensibilisation et l’adhésion des populations, parce qu’une réglementation est plus efficace lorsqu’elle est comprise et acceptée de tous’’, a-t-elle insisté.
Répondant aux inquiétudes liées au coût économique de cette transition, Madame Diallo estime que l’inaction serait plus coûteuse. ‘’Le vrai coût, c’est celui de l’inaction. La pollution plastique engendre déjà des coûts importants : les inondations, les maladies et les pertes d’opportunités pour le secteur du tourisme’’, a-t-elle fait remarquer.
Elle soutient que cette réforme permettra également de créer de nouvelles opportunités. ‘’Elle va nous permettre de créer de nouveaux emplois dans l’artisanat et dans les filières de valorisation des déchets. Plusieurs pays ont mené cette réforme avec succès. La Guinée le fera avec sagesse en protégeant à la fois les familles et l’environnement’’, a-t-elle assuré.
Dans son message aux citoyens, elle rappelle la date clé de l’application du décret. ‘’À partir du 20 septembre 2026, il sera interdit en République de Guinée de fabriquer des objets plastiques à usage unique. J’appelle nos concitoyens à refuser le sachet plastique et à adopter fièrement le panier guinéen, les sacs en tissu et les emballages biodégradables, parce que chaque geste que nous posons aujourd’hui préserve la santé de nos familles et nous permet de bâtir un avenir digne pour les générations futures’’, a-t-elle lancé sur la Télévision nationale.
Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info
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