Le président du Mouvement pour la solidarité et le développement (MSD) a réagi à l’élection de Mamadi Doumbouya à la tête de la magistrature suprême de notre pays. Dans un entretien accordé à notre rédaction, Dr Abdoulaye Diallo est revenu sur le déroulement de la campagne électorale et sur les priorités du président de la République pour les sept prochaines années.
VisionGuinee : le candidat de la Génération pour la modernité et le développement (GMD) a été élu président de la République dès le premier tour de l’élection présidentielle. Que pensez-vous ?
Ce que je regrette dans tout cela, c’est la régression de la Guinée. Nous avions atteint un niveau d’évolution tel que, c’était un parti politique qui devait gérer un candidat de la République et un député. Malheureusement, ils n’ont pas respecté ce modèle. Si l’on dit que le président est un candidat indépendant, cela signifie qu’il n’a pas de formation politique, alors que la fonction de président de la République est éminemment politique. Partout dans le monde, c’est le civil qui gère le militaire. Mais notre général n’a pas démissionné de l’armée avant d’être candidat. Les huit autres candidats, c’est comme s’ils s’étaient partagés les rôles.
Que voulez-vous dire ?
Ils savaient qu’ils allaient être battus et qu’ils n’avaient aucune chance de gagner. Nous avons mené la campagne électorale la plus morose de toute l’histoire de la Guinée. Elle n’a pas été à la hauteur de l’enjeu électoral. Nous savions que le général Doumbouya allait passer, mais ils ont accepté de participer. Ce sont des choses qui ternissent l’image du président élu.
Pensez-vous que Mamadi Doumbouya aura les mains libres pour mener à bien son mandat ?
Idevait mieux faire. Parce que ce n’est pas lui en tant que personne qui pose problème, mais tous les anciens politiciens ont échoué. Il devait mieux faire, mais il n’a pas pris le bon chemin. Sinon, Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré étaient avec Alpha Condé, ils ont trompé le peuple. Le RPG n’a pas eu de remplaçant jusqu’ici. Mamadi Doumbouya pouvait bien faire l’affaire des autres, malgré qu’il nous ait éliminés. Une seule personne ne peut pas gouverner un pays. Mais ce sont des gens mafieux qui l’entourent, le poussant à mal faire, à haïr des gens. Il y a de la haine, de la suspicion et de la ségrégation. Je pense qu’il y a du chemin à faire.
Désormais, quelle doit être la priorité du président de la République ?
Tous les grands hommes qui ont réussi en politique ont réconcilié le peuple. Ils ont rassuré la population. Ils ont rassemblé des gens autour d’eux. Mais en Guinée, c’est le ségrégationnisme qui domine. S’il veut réussir, il doit rassembler. Il doit laisser les gens libres, permettre aux politiciens de s’exprimer, sinon cela ne marchera pas. Il doit réconcilier le peuple. Tous les grands prophètes ont rassemblé autour d’eux des personnes sincères. Mais ce n’est pas ce que Sékou Touré a fait. Lansana Conté a voulu le faire, mais il n’a pas pu. Alpha Condé est venu avec la ségrégation, c’est ce que Mamadi Doumbouya a hérité. Alors qu’un pays ne fonctionne pas ainsi.
Djiwo BARRY, pour VisionGuinee.Info
00224 621 85 28 75/djiwobarry@visionguinee.info