À l’issue des réquisitions du ministère public et des plaidoiries des différentes parties, l’ancien ministre de la défense sous le régime d’Alpha Condé, Mohamed Diané, a pris la parole jeudi pour ses derniers mots devant la chambre d’appel de la CRIEF avant le verdict attendu le 16 avril prochain.
A la barre, le prévenu a fermement contesté les accusations portées contre lui et demandé l’annulation pure et simple de sa condamnation en première instance.
“Monsieur le président, Mesdames et Messieurs les conseillers, si je prends la parole à cet instant ultime de la procédure d’appel, ce n’est ni par défi, ni par esprit de contestation. Je m’exprime avec respect, gravité et une confiance profonde dans la justice d’appel, qui incarne la légalité et demeure l’ultime rempart des libertés”, a-t-il déclaré.
L’ancien ministre a soutenu que les poursuites engagées contre lui ne reposent sur aucun fondement juridique solide.
“Les poursuites engagées contre ma personne ne reposent sur aucun fondement juridique sérieux. Aucune preuve matérielle, aucun élément objectif, aucun fait juridiquement établi ne vient les soutenir. Il s’agit d’une construction accusatoire sans base factuelle, en contradiction flagrante avec les principes les plus essentiels du droit pénal : la légalité des incriminations, la présomption d’innocence et l’exigence absolue de la preuve”, a-t-il martelé.
Revenant sur sa condamnation en première instance, il a dénoncé ce qu’il qualifie de graves irrégularités. “La condamnation prononcée en première instance est intervenue en violation manifeste des garanties élémentaires du procès équitable. L’examen attentif du dossier révèle des vices de procédure d’une gravité exceptionnelle, ainsi que des violations manifestes de mes droits fondamentaux”.
Dr Diané a également critiqué l’absence, selon lui, de base légale claire concernant l’accusation de détournement.
“Ni l’Agent judiciaire de l’État, ni le ministère public, n’ont été en mesure d’identifier un fondement juridique précis à l’accusation de détournement qui m’est reprochée. Les montants avancés sont irréalistes, sans support comptable, sans pièces justificatives et sans la moindre démonstration financière crédible” a-t-il fustige.
S’agissant du montant évoqué dans le dossier, estimé à 500 milliards de francs guinéens, l’ancien ministre de la défense affirme que l’accusation est infondée.
“Mes avocats, que je remercie solennellement pour leur engagement, leur loyauté et leur rigueur, ont démontré de manière claire et contradictoire que l’accusation portant sur un prétendu détournement de 500 milliards est juridiquement infondée. Ils ont établi que l’essentiel des biens retenus contre moi ne m’est pas imputable, mais relève de tiers identifiables, voire du patrimoine de l’État lui-même”, a souligné Dr Mohamed Diané.
Il assure que “la décision que vous vous apprêtez à rendre ne concerne pas seulement ma personne. Elle engage la crédibilité de la justice d’appel. Elle engage la confiance des citoyens dans leurs institutions. Elle engage, enfin, la réalité même de l’État de droit”.
“Au regard des violations constatées, de l’absence totale de preuve et des vices substantiels qui entachent la procédure, le droit commande une seule issue. Une seule : l’annulation pure et simple de la décision rendue en première instance. (…) Aucune condamnation ne peut exister sans preuve légalement établie”, a-t-il plaidé.
La cour a mis l’affaire en délibéré. Le verdict de ce procès en appel est attendu le 16 avril prochain.
Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.info
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