Dubréka : Arrêt des travaux sur la T13, les usagers de la route entre calvaire et inquiétude

Depuis quelques jours, les travaux de construction de la transversale T13 sont à l’arrêt. Distante de 8 km, l’entreprise Pavifort Al Associates S.A avait démarré les travaux en octobre 2024 pour un délai d’exécution de 36 mois. Aujourd’hui, l’arrêt de ces travaux constitue un calvaire pour les usagers de ce tronçon.

D’épais nuages de poussière sont soulevés à chaque passage d’un véhicule ou gros porteur. Le manque d’arrosage de la route contraint les usagers à se couvrir la tête. À cela s’ajoutent les maladies causées par cette poussière, notamment le rhume.

Ibrahima Sow, conducteur de taxi-moto, ne cache pas son inquiétude. ‘’Ça fait plus d’une semaine que nous ne voyons pas les travailleurs. Ce qui nous fatigue aujourd’hui, c’est la poussière. Quand ils ont repris la construction de cette route vers le mois d’octobre, les travaux avançaient normalement. Mais on se demande pourquoi ils ont arrêté, parce que nous souffrons énormément. Que ce soit les riverains ou les usagers, chacun se plaint de son côté. Avant, les camions citernes arrosaient la route, mais ces derniers jours, on ne voit rien. Nous sommes souvent enrhumés et ça nous fatigue beaucoup’’, déplore-t-il.

Il espère la reprise des travaux dans les brefs délais pour que l’entreprise puisse honorer ses engagements avant l’arrivée des grandes pluies.

‘’S’ils n’accélèrent pas les travaux d’ici le début de la saison pluvieuse, nous aurons un autre problème parce que la pluie tombe abondamment ici. Donc, s’il pleut, la circulation devient difficile, voire même impossible par moments. Mais nous espérons qu’ils vont reprendre les travaux très bientôt’’, estime ce chauffeur.

Même son de cloche chez Fatoumata Bailaou Diallo, vendeuse de dindon. ‘’La poussière nous fatigue beaucoup. Pendant qu’ils travaillaient, ils arrosaient, mais maintenant, ils n’arrosent pas. Nous souffrons beaucoup. Les clients ne viennent plus comme avant, la poussière les a tous chassés, malgré que je couvre toute la journée ma marchandise. Parce que je n’aime pas vendre aux gens ce que je ne peux pas manger. Maintenant, nous ne gagnons presque rien. Notre souffrance est indescriptible. Nous leur prions de reprendre les travaux afin de soulager tout le monde’’, plaide-t-elle.

Mahawa Camara, qui habite au bord de la route, ne sait plus à quel saint se vouer. ‘’Nous avons salué la reprise de ces travaux parce que ça avançait. Ils étaient motivés, parfois ils travaillaient même la nuit. Mais aujourd’hui, on a constaté depuis quelques jours qu’ils ne travaillent pas. On ne sait pas ce qui se passe. Certaines disent que c’est parce qu’il y a un nouveau gouvernement et d’autres disent qu’ils ne sont pas payés. On ne sait quelle version accorder du crédit’’, souligne-t-elle.

Elle assure que ‘’ce qui reste clair, nous souffrons et nous leur implorons de reprendre vite ces travaux. On n’ose même plus laver les habits et les suspendre dehors, à plus forte raison s’asseoir ici. La maison, on ne sait pas combien de fois par jour, on nettoie. Nous souffrons énormément’’.

Djiwo BARRY, pour VisionGuinee.Info
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