L’artiste Elie Kamano a adressé, ce lundi 17 novembre, un message à la communauté internationale pour leur annoncer l’enlèvement de ses enfants et de ses proches par la junte militaire, avant de solliciter une intervention. L’ancien soutien du CNRD, devenu critique virulent, réaffirme son engagement politique et exige la libération de ses proches.
L’artiste, auteur-compositeur et activiste panafricain, Elie Kamano, connu pour ses prises de position tranchées contre la mal-gouvernance sous le CNRD, accuse la junte militaire d’avoir enlevé ses enfants et des proches. Face à cette situation, il attire l’attention de la communauté internationale.
‘’Je souhaite porter à la connaissance des ambassadeurs accrédités en République de Guinée, notamment M. Luc Brillard, ambassadeur de France en Guinée, M. Daniel Shepherd, ambassadeur du Royaume-Uni en Guinée, M. Troy Fitrell, ambassadeur des États-Unis en Guinée, M. Xavier Sticker, ambassadeur de l’Union européenne en Guinée, Mme Maddalena Bertolotti, représentante de l’UNICEF en Guinée, aux organisations de défense des droits de l’homme en Guinée et en Afrique, et enfin à M. Emmanuel Macron, président de la République française, que le 16 novembre à 4 heures du matin, des hommes encagoulés ont fait irruption dans mon domicile pour enlever mes deux enfants, Robert Kamano et Safaoula Kamano, ainsi que mon neveu Antoine Sandouno et mon jeune frère Safoumba Kamano, gendarme de son État’’, annonce-t-il depuis l’exil.
L’ancien soutien du CNRD déplore ‘’ces pratiques utilisées par la junte dirigée par Mamadi Doumbouya’’ qui, selon lui, ‘’sont devenues récurrentes dans mon pays, dans le silence coupable d’une justice inféodée et vassalisée. Après les cas de Foniké Mengué, Billo Bah, Habib Marouane et tant d’autres, voilà que Mamadi Doumbouya et sa junte recourent désormais à des méthodes immorales et non conventionnelles en s’attaquant à des mineurs, qui ne sont responsables en rien des actes posés par leur père’’.
Elie Kamano assure que son engagement et ses prises de position politiques n’ont rien à voir avec ses enfants ou ses proches.
‘’Mon fils Robert et mon neveu Antoine sont nés la même année, en 2009, l’année où j’ai sorti l’album Où va l’Afrique ? Faoula, quant à lui, est né en 2011, une période durant laquelle j’étais pleinement engagé dans la lutte contre l’arbitraire et la mal-gouvernance dans notre pays. Mes prises de position sont donc antérieures à leur existence sur cette terre en tant qu’êtres humains. Quels péchés ont-ils donc commis pour mériter un traitement aussi inhumain ?’’ se demande-t-il.
‘’Aucun enfant de leur âge ne mérite un traitement aussi inhumain, susceptible de le traumatiser à vie. Mes enfants ne sont ni artistes, ni activistes, ni moins encore des acteurs politiques. Ce sont des âmes innocentes qui ne demandent qu’à vivre dans un environnement sain et sécurisé pour recevoir une éducation scolaire adaptée, tout comme les enfants de Mamadi Doumbouya, de Djiba Diakité, de Balla Samoura, d’Amara Camara et de tous les membres du CNRD’’, ajoute-t-il.
Malgré l’enlèvement de ses enfants, l’artiste réaffirme son engagement politique. ‘’Mes enfants sont tout pour moi. Je dis bien tout et aucun être ne pourra les remplacer. Mais la patrie reste au-dessus de moi et de mes enfants. Et je n’abdiquerai pas’’, prévient le reggaeman, avant d’exiger : ‘’Rendez-moi mes enfants et poursuivons la lutte des idées. C’est d’ailleurs elles qui pourraient vous nuire le moins, plutôt que d’enlever des mineurs sans défense’’.
Pathé BAH, pour VisionGuinee.Info
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