En Guinée, alerte le ministre de l’urbanisme, ‘’les limites du système foncier continuent d’affecter l’efficacité de l’action publique’’

Ce lundi 11 mai, à l’occasion de l’ouverture des travaux consacrés à la présentation et à la validation des avant-projets de la politique nationale foncière et de la politique nationale agricole, le ministre de l’urbanisme, de l’habitat et de l’aménagement du territoire a tiré la sonnette d’alarme sur les faiblesses du système foncier guinéen. Mohamed Lamine Sy Savané plaide pour une réforme profonde afin de renforcer la gouvernance foncière, sécuriser les investissements et réduire les conflits liés à la terre.

Pour le ministre Savané, ‘’la maîtrise du foncier détermine la capacité d’un Etat à organiser son territoire, sécuriser son développement, projeter sa souveraineté dans la durée. Cette réflexion illustre avec force l’enjeu du chantier qui nous réunit aujourd’hui. La question foncière s’impose désormais comme un sujet majeur de la gouvernance publique, de stabilité institutionnelle, de compétitivité économique et de cohésion sociale’’.

Le patron du département en charge de l’urbanisme, de l’habitat et de l’aménagement du territoire appelle à ‘’l’organisation, la sécurisation et la modernisation de la gestion transparente et efficace des titres fonciers’’.

Il fait remarquer que ‘’le foncier structure l’accès au logement, le développement agricole, les projets miniers et infrastructurels, l’expansion urbaine, la protection des ressources naturelles ainsi que les politiques d’aménagement du territoire. Il constitue également un facteur déterminant de sécurisation des investissements et de stabilité sociale’’.

Face à la pression démographique, à l’urbanisation accélérée et à la multiplication des litiges fonciers, il souligne que ‘’les limites du système foncier continuent d’affecter l’efficacité de l’action publique. L’insécurité juridique, les conflits fonciers, les chevauchements institutionnels, l’insuffisance de la documentation cadastrale et les fragilités des mécanismes administratifs réduisent la capacité de régulation de l’Etat’’.

Avant d’assurer que des initiatives ont déjà permis à son département d’établir ‘’un diagnostic approfondi et ont dégagé les bases d’une réforme structurelle du secteur ainsi que des recommandations issues des assises ont servi de socle à l’élaboration de cette politique foncière nationale’’.

‘’La politique foncière nationale traduit une orientation stratégique visant à faire du foncier un instrument de régulation, de sécurisation juridique et de transformation économique (…). Cette politique vise à renforcer la sécurité des droits fonciers, améliorer la gouvernance des espaces urbains et ruraux, rationaliser l’occupation du territoire, réduire les contentieux et consolider l’équilibre entre développement économique et durabilité environnementale. Elle ouvre également la voie à une modernisation des outils de gestion foncière à travers la numérisation du cadastre, le développement des systèmes d’information géographiques et le renforcement de la transparence administrative’’, affirme M. Savané, tout en appelant à la validation de cette politique qui, selon lui, ‘’engage désormais une responsabilité collective’’.

‘’Notre ambition est de faire du foncier un levier stratégique de transformation économique, de stabilité sociale et d’aménagement équilibré du territoire national’’, assure-t-il.

Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info
00224 622 98 97 11/boussouriou.bah@visionguinee.info

Comments (0)
Add Comment