En Guinée, ‘’Alpha Condé et son parti ne dominent pas de manière outrageuse le champ politique’’

[dropcap]L[/dropcap]e président de WATHI, laboratoire d’idées a été interrogé par une chercheuse à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS). Gilles Olakounlé Yabi, analyste politique, a été amené à faire une comparaison entre la situation en Guinée et celle du Congo, dominées par un changement constitutionnel.

Interrogé sur pourquoi depuis plusieurs mois en Guinée, les manifestations n’ont pas cessé alors qu’au Togo, les réactions populaires se sont révélées plutôt timorées, il indique que: ‘’Les pays ont chacun leur histoire politique particulière. Le Togo, ce n’est pas la Guinée. Il y a de nombreux traits communs, mais aussi des différentes marquantes dans les trajectoires politiques récentes’’.

Au Togo, explique le président de WATHI, ‘’Faure Gnassingbé est au pouvoir depuis 15 ans, mais il assure la continuité d’un système mis en place par son père Eyadéma Gnassingbé. Un système dont le premier pilier est l’armée et l’appareil de répression et de contrôle sécuritaire. Le recours à la violence d’État a sensiblement diminué, mais il n’a pas disparu et la peur encore moins’’.

‘’Le manque de résultats de cette mobilisation politique a peut-être découragé pour longtemps les togolais les plus hostiles au pouvoir en place. Il faut aussi comprendre qu’au Togo, ce n’est pas la dernière révision constitutionnelle en 2019, qui a permis au président de se présenter pour un quatrième mandat. Il n’y avait pas de limitation du nombre de mandats au moment de l’arrivée au pouvoir de Faure Gnassingbé en 2005’’, renseigne-t-il.

‘’La révision de 2019 a plutôt restauré la limitation de mandats, revendiqué par l’opposition depuis plusieurs années, sauf que le décompte ne commence qu’à partir du scrutin présidentiel de cette année. Faure Gnassingbé n’avait donc pas d’efforts particulier à faire pour obtenir la validation de sa candidature’’, précise Gilles Olakounlé Yabi.

Cas de la Guinée…

Le dirigeant du laboratoire d’idées WATHI indique qu’en Guinée, ‘’les données sont différentes et les contestations politiques n’ont quasiment jamais cessé depuis la fin des années de présidence de Lansana Conté, décédé en 2008. Il y a ensuite eu une période de transition militaire chaotique avant la stabilisation qui a permis d’organiser une élection présidentielle en 2010’’.

Il affirme que la scène politique est plus équilibrée entre les partisans du pouvoir et ceux de l’opposition. ‘’Alpha Condé a gagné le scrutin présidentiel en 2010 au second tour après avoir été largement distancé par l’ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo, aujourd’hui encore son premier adversaire politique. Alpha Condé et son parti ne dominent donc pas de manière outrageuse le champ politique du pays comme le font Faure Gnassingbé et son parti’’.

Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.info

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