L’annonce, hier mardi 3 mars, de l’enlèvement de la mère de l’ancien ministre Tibou Kamara et de sa sœur par des inconnus à Dinguiraye suscite l’indignation du Forum des Forces Sociales de Guinée. Face à cet acte survenu en plein mois de pénitence, Abdoul Sacko, coordinateur du mouvement, tire la sonnette d’alarme sur la dérive sécuritaire et morale du pays sous le règne du président Mamadi Doumbouya au pouvoir.
L’enlèvement de personnes critiques du pouvoir actuel et de leurs proches devient de plus en plus fréquent en Guinée. L’émotion est vive après l’annonce de l’enlèvement de la mère et de la sœur de l’ancien ministre d’État, Tibou Kamara, à Dinguiraye.
Selon les informations, des individus encagoulés ont fait irruption au domicile familial à Dinguiraye pour emmener les deux femmes vers une destination inconnue. Pour Abdoul Sacko, cette action n’est pas fortuite. Il y voit une tentative d’intimidation visant l’ancien ministre, connu pour ses analyses critiques.
‘’La mère et la sœur de M. Tibou Kamara, ancien ministre d’État, enlevées à leur domicile à Dinguiraye par des individus encagoulés. N’est-ce pas parce qu’il (Tibou) contribue à éveiller les consciences par la richesse de sa plume ! Pire, en ce mois saint de Ramadan et du carême’’, déplore cet activiste de la société civile guinéenne.
Le coordinateur du FFSG dénonce une rupture inquiétante avec les valeurs sociales et le respect de la dignité humaine. Selon lui, la répression ou les règlements de comptes sous le régime actuel semblent désormais franchir le seuil de l’intimité familiale, touchant des personnes vulnérables et étrangères aux joutes politiques.
‘’Ni les femmes, les enfants, ni les vieillards ne sont épargnés, même s’ils ne s’intéressent à rien de la gestion de l’État’’, regrette Abdoul Sacko, lui-même victime de kidnapping il y a plus d’une année.
‘’Quelle société, quel peuple, quel État sommes-nous devenus ?’’, se demande-t-il, exprimant sa solidarité envers Tibou Kamara : ‘’Force à vous M. le Ministre. Que Dieu soit leur protection, la protection de toutes les victimes et de tout le peuple’’.
À rappeler que plusieurs disparus, tels que Foniké Mengué, Billo Bah, le journaliste Habib Marouane Camara, Sadou Nimaga, le père du journaliste Babila, les enfants d’Elie Kamano et tant d’autres, restent jusque-là introuvables.
Pathé BAH, pour VisionGuinee.Info
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