Faya Millimono : ‘’le Premier ministre Bah Oury a reçu le mandat du président de créer un parti qui s’apparente à un parti-Etat’’

Alors que le Premier ministre, Bah Oury, s’active à mettre sur pied la nouvelle formation politique Génération pour la modernité et le développement (GMD), qui doit fédérer les partis et mouvements alliés du président Mamadi Doumbouya, les critiques commencent à fuser. Le président d’honneur du Bloc Libéral, Faya Millimono, a réagi mercredi, estimant que cette entité en gestation s’apparente à un parti-État, une dérive dangereuse pour la démocratie guinéenne.

Lors d’une conférence de presse, Faya Millimono a laissé entendre que ‘’la Guinée est à un tournant décisif de son histoire. À l’approche des élections législatives et communales, l’enjeu n’est pas seulement électoral. Il est aussi institutionnel et surtout républicain et existentiel’’.

Pour le candidat malheureux à la présidentielle, ‘’notre histoire nous enseigne une leçon claire : chaque fois que le pouvoir se concentre sans contre-pouvoirs, la démocratie recule. Et c’est ce que nous vivons aujourd’hui. Chaque fois que l’État se confond avec un parti, la République s’affaiblit’’.

Faya Millimono affirme que les récents développements de l’actualité politique confirment cette tendance. ‘’Aujourd’hui, nous nous trouvons devant des signaux très préoccupants qui ne devraient laisser aucun guinéen indifférent. L’État semble vouloir créer son propre parti au risque de confondre administration et organisation politique’’, a-t-il déploré.

Il fait remarquer que ‘’le Premier ministre Bah Oury a reçu le mandat du président de créer un parti qui s’apparente à un parti-État. L’administration publique perd sa neutralité. L’espace civique se rétrécit dangereusement. Les partis sont suspendus, les médias sont fermés, les manifestations sont interdites, etc. L’élection est en train de devenir un simple rituel de confirmation’’.

Face à la situation, le président d’honneur du Bloc Libéral assure que ‘’nous ne pouvons pas ignorer ces signaux. La consolidation démocratique n’est pas un slogan, c’est une exigence nationale. Il ne faut pas confondre dans notre pays, comme ce fut le cas par le passé, l’unité nationale et l’uniformité politique. Ce sont deux choses complètement différentes et diamétralement opposées. L’unité nationale est sacrée, mais l’uniformité politique est dangereuse’’.

Pour Faya Millimono, ‘’lorsque l’opposition est présentée comme une menace, la liberté recule. L’unité doit être garantie par les institutions de la République, neutres. Par exemple, par une justice équitable et indépendante, une administration impartiale des forces de défense et de sécurité républicaines. Pas par un parti politique (…). Il faut qu’on sépare clairement l’État du parti’’.

Il rappelle que ‘’la Guinée est passée par là. Nous n’étions plus enfants lorsque nous sommes passés du parti unique au parti-État. Et cela a conduit à des dérives qui ont fait fuir l’élite de ce pays’’, déplorant le fait que ‘’beaucoup posent des actions aujourd’hui sans se rappeler les raisons profondes pour lesquelles tant de Guinéens sont nés, non pas sur le territoire national, mais ailleurs. C’est extrêmement important. Il faut donc séparer l’État du parti’’.

Pathé BAH, pour VisionGuinee.Info
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