Faya Millimono refuse des élections ‘’rituelles’’ et appelle à une véritable compétition démocratique

A l’approche des élections législatives et communales, le candidat malheureux à la dernière présidentielle, Faya Millimono, a appelé à des scrutins qui ne se résument pas à une simple formalité. Selon le président d’honneur du Bloc Libéral, il est impératif d’organiser de ‘’véritables compétitions électorales’’ et d’écarter l’option d’un ‘’simple rituel de confirmation de ce qui est déjà décidé’’.

‘’Il nous faut faire des élections une vraie compétition. Nous sommes à la veille des élections communales, des élections législatives. Nous ne voulons pas que cela soit un simple rituel de confirmation de ce qui est déjà décidé’’, a-t-il déclaré.

Pour le leader politique, l’organisation d’un scrutin transparent repose sur cinq garanties fondamentales : ‘’Il faut un organe électoral réellement indépendant, un fichier électoral crédible, une observation libre et complète, la publication rapide des résultats bureau de vote par bureau de vote, un contentieux électoral rapide et transparent’’.

D’après lui, ‘’tout cela manque au rendez-vous aujourd’hui. Sans cela, l’élection devient un rituel. Nous n’accepterons pas que les élections deviennent un rituel de confirmation dans notre pays’’.

Faya Millimono a insisté sur la nécessité de préserver les libertés publiques, condition sine qua non d’une démocratie vivante. ‘’Il faut protéger l’espace civique de notre pays. La démocratie a besoin d’air pour respirer. Sans liberté de presse, sans liberté d’association, sans liberté de manifestation, le pluralisme devient fictif’’, a-t-il souligné.

Il a exhorté les autorités à garantir ‘’la protection des journalistes, l’encadrement non arbitraire des réunions politiques, le respect des droits des observateurs et des défenseurs de la liberté’’, avant de prévenir qu’un ‘’pays où on ne peut pas parler librement est un pays fragile’’.

Il soutient que ‘’les forces de défense et de sécurité, comme nous l’avons dit clairement dans notre déclaration, doivent être républicaines et apolitiques. La neutralité doit être mesurable. Comment ? Une doctrine publique de neutralité électorale, une formation obligatoire en période électorale, un mécanisme indépendant de plaintes et de sanctions visibles en cas d’abus’’.

Selon Dr Millimono, ‘’la sécurité protège la nation et ne régule pas la compétition politique. On a eu l’impression pendant les dernières élections que nous étions en état de siège, tellement l’armée était présente, les forces de sécurité étaient présentes, non pas pour assurer la sécurité, mais pour intimider, pour bourrer les yeux. C’est ce qui a fait de ces élections un rituel de confirmation, et non de véritables élections’’.

‘’Lorsque nous entendons le Premier ministre, dans un pays qui, par la loi, impose l’obligation de neutralité, dire aux partis politiques : vous devez venir individuellement vous fondre dans un parti-État naissant’, c’est dangereux’’, a-t-il dénoncé.

Il appelle à ‘’construire dans notre pays une culture de coalition, pas d’élimination’’. Selon lui, ‘’la démocratie devient mature quand les partis acceptent de perdre sans crainte d’être détruits. Aujourd’hui, c’est la destruction qui est la crainte. Elle progresse quand ceux qui gagnent n’éliminent pas leurs adversaires”.

Le président d’honneur du Bloc Libéral affirme que ‘’la politique ne doit pas être une guerre totale. Il faut qu’on donne des résultats concrets. Parce que c’est le manque de résultats concrets qui donne libre cours à des discours du genre : l’Afrique ne mérite pas la démocratie’’.

Aux dirigeants, il indique que ‘’la démocratie ne survit pas sans résultats. Si les citoyens ne voient pas clairement l’amélioration de leurs conditions de vie, le totalitarisme gagne du terrain. La meilleure défense de la démocratie, c’est par des résultats tangibles sur le quotidien’’.

Pathé BAH, pour VisionGuinee.Info

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