Le président du Bloc libéral (BL), Faya Millimouno, a appelé lundi les guinéens à rejeter le projet de nouvelle Constitution en votant Non lors du référendum prévu le 21 septembre prochain, estimant qu’un ‘’coup d’État constitutionnel’’ est en cours de préparation.
Dans sa prise de parole, il a dénoncé une ‘’rupture très dangereuse entre la Charte de la transition qui nous gouverne aujourd’hui et le projet de nouvelle Constitution. L’État est une continuité’’.
‘’Vous savez pourquoi Alpha Condé nous a donné une nouvelle Constitution en 2020 ? C’est parce qu’il y avait des intangibilités dans la Constitution de 2010. Il ne devait pas y toucher. Parmi celles-ci figurait l’intangibilité relative à la modification du nombre ou de la durée de mandats. Comme il ne devait pas y toucher, des constitutionnalistes lui ont conseillé de faire une autre Constitution. Comme ça, on allait passer de la Troisième République à la Quatrième République. Le lendemain de son instauration, notre misère a augmenté’’, a-t-il rappelé.
Faya Millimouno fait remarquer que dans la nouvelle Constitution, ‘’il y a quelque chose qui manque. C’est le report des dispositions de la Charte de la transition sur laquelle le général Doumbouya a juré de respecter et de faire respecter’’.
‘’Dans la Charte de la transition, il est dit que tous les membres du CNRD ne devraient pas être candidats à une quelconque élection. Vrai ou faux ? Aucun membre du gouvernement qu’il allait former, ni aucun membre du CNT. Mais aujourd’hui, quel est le candidat du Premier ministre Bah Oury ? Ça devait être reporté dans le projet constitutionnel’’, a-t-il expliqué.
Pour le président du Bloc libéral, ‘’le fait de ne pas avoir reporté ces dispositions, c’est faire exactement ce qu’Alpha Condé a fait en 2020. Il n’y a aucune différence. C’est un autre coup d’État constitutionnel qui est en téléchargement. Et nous, au BL, nous condamnons cela. Nous ne l’accepterons jamais’’.
Il annonce que ‘’nous allons faire campagne pour faire comprendre que tout ce qui est dans cette Constitution est dangereux’’, avant de rappeler qu’en 1958, ‘’quand on s’est rendu compte que dans la Constitution que De Gaulle nous avait proposée, il y avait des choses dangereuses’’, les guinéens ont choisi de la rejeter lors du référendum du 28 septembre.
Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info
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