Le 2 octobre de chaque année marque la date anniversaire de l’accession de la Guinée à l’indépendance. Ce jeudi, dans la préfecture de Coyah, les citoyens se sont massivement mobilisés pour célébrer cette date historique dans la joie et la ferveur. Ibrahima Sory Diallo, membre du bureau préfectoral de la société civile de Coyah, estime que les dirigeants de ce pays devraient revoir l’organisation de cette journée.
Il rappelle que ‘’l’indépendance de la Guinée est acquise à la sueur de tout citoyen guinéen et aussi aux engagements de nos devanciers. Il y a de cela plusieurs années qu’on a acquis notre indépendance. Si j’ai bonne mémoire, la colonisation n’a pas duré 67 ans en Guinée, le colon était là pendant 60 ans. La question que je me pose, c’est comment on souhaiterait que cette fête d’indépendance s’organise dans ce pays ?’’.
À l’en croire, ‘’le guinéen devait aujourd’hui avoir une certaine liberté, surtout en fonction du découpage administratif, de choisir une action pour manifester la joie de l’indépendance par rapport à cette action. Quand je prends la commune urbaine de Coyah, les conseillers devaient avoir la liberté d’initier une action à l’occasion de cette fête qui interpelle l’ensemble des citoyens de Coyah’’.
‘’Mais depuis 67 ans, comment est-on en train de faire la célébration de cette indépendance ? Chaque année, c’est se réunir, danser, chanter, déposer des gerbes de fleurs, ce qui ne signifie rien et qu’on n’explique pas. Les autorités font des discours qu’elles n’ont même pas rédigés. Cela passe inaperçu et n’est pas compris par les citoyens. Sur le plan du développement socio-économique, nous sommes beaucoup en arrière par rapport à 67 ans d’indépendance. Si on savait qu’on n’était pas prêts à avoir notre indépendance, il aurait été mieux de rester avec les colons pour apprendre au moins comment acquérir une indépendance et la gérer par la suite’’, déplore-t-il.
Cet acteur de la société civile affirme que la Guinée est en retard sur tous les plans. Ibrahima Sory Diallo dénonce la dégradation avancée des routes, le manque de structures sanitaires dans les villages et un système éducatif qui ne répond pas aux critères de développement du pays.
‘’Toutes les infrastructures routières sont aujourd’hui dans un état piteux. Et si vous voyez sur le plan éducatif, jusqu’à aujourd’hui, la Guinée est en train de former des chômeurs. Chaque année, il y a combien d’étudiants qui sortent des universités de Guinée et combien trouvent de l’emploi ? Pourquoi l’État finance-t-il un programme éducatif qui ne répond pas aux critères de développement de son pays ?’’, s’interroge-t-il.
Selon lui, ‘’nous avons un système de santé obsolète. Allez dans les villages, vous verrez que la population a réalisé beaucoup de structures sanitaires par rapport à l’État. Mais la population peine à prendre en charge des agents de santé ou bien des produits de santé. Chaque fois, on dit qu’on est en train de faire des réformes, mais quelles réformes ? Dans le secteur de la sécurité, aujourd’hui, il y a des gens qu’on arrête sur la route et qu’on bat à mort’’.
Djiwo BARRY, pour VisionGuinee.Info
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Bonne analyse mon cher frère. Comme vous le dites, la fête de l’indépendance ne devrait pas se limiter à peindre la rue, les arbres et autres, à la danse folklorique, à chanter, à défiler et déposer les gerbes de fleurs, le tout couronné par des discours creux que le peuple ne comprend même pas. Il faut a chaque occasion du genre, proposer des actions fortes et durables pour le bien du peuple. Depuis 67 ans, c’est le même refrain, au d’avancer, on recule chaque année qui passe.