Ce jeudi 27 novembre, le ministre du travail et de la fonction publique, François Bourouno, a annoncé une initiative ambitieuse visant à renforcer les capacités des fonctionnaires guinéens. Pour atteindre cet objectif, il envisage d’intégrer l’intelligence artificielle comme levier stratégique dans la modernisation de l’administration publique.
‘’L’éducation, c’est bien. Mais ce que nous voulons, c’est d’améliorer la productivité de notre administration publique. Et cela passe par la qualification des compétences. Aujourd’hui, on est dans l’ère du nouveau management public, qui exige de nouvelles compétences pour un agent public : compétences techniques, compétences managériales et compétences personnelles et interpersonnelles. Ce qui exige la mise en place d’un dispositif solide de formation et de qualification des compétences des agents’’, indique le ministre du travail et de la fonction publique.
Il affirme que ‘’le président de la République a instruit le gouvernement de faire de la construction de l’Ecole nationale d’administration publique une priorité absolue. On est très heureux aujourd’hui de constater que ce projet est à 70% du taux d’exécution physique. Si nous maintenons le rythme, dans trois mois, la Guinée pourra ouvrir la porte de l’ENA aux agents publics guinéens’’.
Avant d’annoncer que ‘’nous avons mis en place un système rigoureux avec des partenariats stratégiques, notamment l’accompagnement de l’ENA du Québec et de l’Institut national du service public, l’ancienne ENA de France. Nous sommes en train de travailler sur des programmes de formation. Ce n’est pas un copier-coller, ce ne sont pas des programmes téléchargés sur Internet. Un diagnostic profond des besoins de compétence de l’administration vient d’être réalisé et des contenus de formation sont en train d’être élaborés sur la base de ces besoins réels. Ce qui permettra à la Guinée d’avoir une école qui formera les agents publics aux besoins de l’administration publique guinéenne’’.
Se réjouissant de la portée du guichet unique, François Bourouno assure qu’au ministère des affaires étrangères, ‘’aujourd’hui, dans chaque représentation diplomatique, on connaît le nombre d’agents, des diplomates, des conseillers, d’assistants à affecter, les profils d’entrée, les profils de sortie, le processus de carrière. Ce processus doit être étendu à tous les départements ministériels, parce que la maîtrise des effectifs est consolidée par la stabilisation et la maîtrise du cadre organique’’.
L’autre chantier, poursuit-il, ‘’c’est qu’il faut y faire évoluer pour réussir encore le temps de traitement. C’est pour cela qu’on ira vers l’intelligence artificielle, pour faire en sorte que la gestion de la carrière des agents puisse se purifier, s’améliorer’’.
Car, dit-il, ‘’l’autre enjeu, c’est de faire une fonction publique qui se réinvente. On a déjà la fonction publique locale. On espère dans les prochains mois qu’elle va véritablement se consolider. Mais il faut créer d’autres versants, notamment la fonction publique hospitalière. Et pourquoi pas la fonction publique de l’éducation ? On a plus de la moitié des agents qui sont du corps de l’éducation. En créant des versants, on maîtrisera mieux la gestion des spécificités’’.
Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info
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