Fraude au concours des auditeurs de justice : la défense annonce un appel immédiat contre la condamnation de Sékou Keïta et Maciré Camara

Au sortir de l’audience ce jeudi 13 août 2026 au Tribunal de première instance de Dixinn, le conseil des prévenus s’est exprimé sur la décision rendue à l’encontre de Sékou Keïta et Maciré Camara. Tout en prenant acte de la décision prononcée par le juge Mohamed Sangaré, Maitre Amadou Oury Diallo dénonce une décision qui porte atteinte aux droits de ses clients. L’avocat conteste la sévérité des sanctions infligées et annonce l’interjection d’un appel dès aujourd’hui pour obtenir un réexamen complet de l’affaire devant la juridiction supérieure.

À la suite du délibéré prononcé par le Tribunal de première instance de Dixinn, la réaction de la défense ne s’est pas faite attendre.

Prenant acte de la sentence tout en affichant sa réserve, le conseil de Sékou Keïta et de Maciré Camara, Me Amadou Oury Diallo, a souligné qu’il s’agit ‘’d’un sentiment de satisfaction, c’est la justice, elle est comme ça. Le juge a statué conformément à ce qu’il a compris dans la décision, à la suite des débats qui se sont tenus devant lui’’.

L’avocat assure que ‘’nous aussi, on a des droits, des droits naturellement qui consistent à faire appel de la décision qui a été rendue. Nous allons faire application des articles 578 et 579 du Code de procédure pénale à l’effet de procéder au recours judiciaire pour faire réexaminer la décision parce qu’on n’est pas tout à fait d’accord’’.

Il s’est interrogé sur le bien-fondé des peines prononcées à l’encontre des deux prévenus. ‘’On ne comprend pas pourquoi les deux peuvent être condamnés pour une peine comme celle-ci, pour Sékou un an d’emprisonnement et pour Maciré 2 millions d’amende et 5 ans d’interdiction de postuler au concours d’auditeur de justice’’, fustige-t-il.

L’homme en robe noire a ajouté que de ce fait, ‘’ces éléments portent considérablement grief aux droits de nos clients. C’est pourquoi on va relever appel pour nous permettre de rediscuter du mal-fondé de la décision qui a été rendue, parce que nous constatons que le droit, certes, a été dit, mais est-ce qu’il a été dit dans les conditions requises telles que prévues par la loi ?’’.

Interrogé par ailleurs sur le poids des réquisitions du ministère public dans la décision finale, Me Amadou Oury Diallo a tenu à relativiser la portée de la charge de l’accusation. À cet égard, il a expliqué que ‘’le procureur est libre dans ses réquisitions de requérir ce qu’il pense au mieux de sa défense, de ses réquisitions, de son action, de ses poursuites. Et donc, si le procureur sollicite une telle mesure, nous aussi, nous avons sollicité auprès du tribunal des mesures qui consistent à les renvoyer des fins de la poursuite’’.

Me Diallo a estimé qu’il ‘’me semble que c’est tout à fait normal que le procureur le fasse. Ça n’a pas eu d’incidence sur la décision du juge. C’est pourquoi, le juge a pris la décision selon sa compréhension des faits et il a prononcé son arrêt devant tout le monde’’.

Le conseil des prévenus a réaffirmé que la bataille judiciaire ne faisait que commencer. Il annonce que ‘’dès aujourd’hui, on a discuté avec les clients. Dès aujourd’hui, on va relever appel de la décision qui est rendue’’

Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.Info
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