Pourtant, dans un communiqué officiel en date du 3 décembre 2021, RUSAL affirme avoir réalisé des analyses d’échantillonnage prouvant que « la concentration de particules d’alumine dans l’atmosphère est dans les limites des normes, autorisées par la législation guinéenne ».
Ledit communiqué précise que : « conformément aux résultats de l’analyse des prélèvements d’air réalisée par les salariés du laboratoire environnemental de FRIGUIA S.A. le 1eret le 3 décembre 2021 dans les quartiers de Fria, notamment Mangamory, Tabossy, Tigué II, Sabèndè, Aviation I, Katourou I, le niveau de concentration de particules d’alumine dans l’atmosphère est dans les limites des normes, autorisées par la législation guinéenne ».
A cet égard, « l’administration de l’usine FRIGUIA nie l’influence des activités d’exploitation actuelles de l’usine sur l’augmentation de la concentration de particules de poussière dans l’atmosphère », rajoute le communiqué. Parmi les causes probables de cette apparence, les experts appellent un phénomène saisonnier comme l’Harmatan (le transfert d’une grande masse de poussière du désert du Sahara). Les conclusions définitives sur la nature de ce phénomène doivent être tirées par une commission compétente, composée de représentants de trois Ministères (Ministère des Mines, Ministère de la Santé, Ministère de l’Environnement), qui travaillent actuellement à Fria.
De son côté, l’administration de l’usine FRIGUIA rappelle via un communiqué que depuis 2017, l’entreprise met en œuvre un programme de modernisation écologique à grande échelle (dans le cadre du projet de réhabilitation de l’usine). Grâce à la réalisation de ce programme, les activités suivantes ont été effectuées: réparation capitale des électrofiltres avec le remplacement des éléments de contrôle obsolètes et usés, la réparation capitale et la modernisation des chaudières, la restauration du système de surveillance des eaux souterraines, la mise en place des mesures technologiques visant à obtenir une plus grosse alumine de type « Sandy » (sable), l’appel des spécialistes étrangers pour paramétrer des modes de fours de calcination, le reboisement des terres exploitées, le traitement des déchets pétroliers, etc. « Les dépenses de RUSAL pour la mise en œuvre du programme de modernisation écologique à FRIGUIA se sont élevées à ce jour à 8,5 millions de dollars », mentionne le communiqué.
«Nous avons reçu une mission de 3 ministères. Nous avons répondu à toutes les questions qu’ils nous ont posées, nous avons montré l’usine de la chaîne de production jusqu’à la fin. Ils ont visité tous les sites qui les intéressaient et nous avons présenté des photos et la documentation nécessaire. La commission était satisfaite » précise Mr. Mashchenko. «Et, c’est la même chose quand nous partons à Conakry actuellement. On constate qu’il y a une certaine envolée de la poussière partout et nous savons qu’il y a le sable qui vient du Sahara à cause de l’harmatan, nous voyons également une sorte de brouillard », a expliqué le DGA de FRIGUIA chargé de l’environnement.
Dmytry Mashchenko a également rappelé qu’en Guinée, toutes les normes écologiques sont établies par les autorités gouvernementales. «En 2017 quand nous avons commencé à réhabiliter l’usine, nous avons fait l’évaluation de l’impact environnemental et social. Le document qui concerne cette évaluation a été accepté par le ministère et dans ce document, toutes les normes sont mentionnées. C’est ce que nous continuons à respecter. Nous avons acheté les équipements pour mesurer la quantité de poussière en ville. Et selon les recommandations de l’évaluation de cet impact, nous faisons la mesure de manière régulière», a-t-il dit.
M. Mashchenko a également confirmé la mise en place d’un vaste programme de modernisation écologique mentionné dans le communiqué officiel. «L’usine FRIGUIA n’a qu’une seule source d’envolée de poussière, les fours de la calcination. Pour assurer les envolées minimales, ces fours sont équipés par des électrofiltres. Quand nous avons commencé à réhabiliter l’usine, nous avons fait des réparations de ces électrofiltres, mais aussi les parties mécaniques et électriques. Nous avons procédé à des réparations des isolateurs et même des mécanismes de battage de ces électrofiltres ainsi que le paramétrage de la marche. Nous continuons à améliorer et à développer le système», annonce Dmytry Mashchenko.
Pour davantage rassurer la population de Fria, Dmytry Mashchenko indique que lui-même réside à côté de l’usine depuis 5 ans et qu’il respire le même air que les citoyens de Fria «Nous prenons au sérieux les questions liées à l’environnement et nous n’allons pas exposer la vie des gens dangers», a-t-il rassuré.
«Nous n’avons toujours pas oublié les conséquences de la crise qui a frappé cette ville et qui avait été déclenchée par une grève générale illégale des syndicalistes. Il faudrait que les citoyens de Fria comprennent qu’aujourd’hui, entrer à couteau tiré avec nos partenaires n’aura pas de sens. Toutes les actions que l’on doit poser aujourd’hui doivent aller dans le sens de la paix et de la cohésion. Mais aussi, pour renforcer la coopération qui existe entre la Guinée et la Russie, mais aussi, entre la population de Fria et nos partenaires de l’usine. Ça y va dans l’intérêt de tous», a-t-il conseillé.
Malheureusement pour le moment, il n’existe pas dans le monde encore une technologie qui permet de faire de l’alumine sans la moindre envolée. Et nous savons que toute production donne des conséquences pour l’environnement. Nous-même les hommes, nous sommes sources de pollution mais, le problème, c’est juste le volume de l’impact. Et, dans tous les pays, y compris la Guinée, il y a des normes écologiques concernant les envolées de particules d’alumine produite par les usines qu’il faut respecter, c’est ce que fait Rusal d’après leurs déclarations et explications.
Il revient donc à toutes les parties de privilégier le dialogue et la compréhension pour un partenariat bénéfique aussi bien pour les investisseurs que pour les travailleurs de l’usine et toute la population de Fria.