Guerre au Moyen-Orient : Trump donne 48 heures à l’Iran pour rouvrir le détroit d’Ormuz

Téhéran a menacé dimanche de frapper des infrastructures clés du Moyen-Orient, répliquant immédiatement à un ultimatum lancé par Donald Trump de rouvrir le détroit d’Ormuz sous 48 heures, après des frappes iraniennes particulièrement destructrices dans le sud d’Israël.

Sans réouverture totale et inconditionnelle de ce détroit stratégique pour l’approvisionnement mondial en hydrocarbures, les États-Unis « frapperont et anéantiront» les centrales électriques iraniennes «EN COMMENÇANT PAR LA PLUS GRANDE !», a mis en garde le président américain sur sa plateforme Truth Social samedi soir.

L’Iran a répliqué à cette sommation sans attendre: si Washington met sa menace à exécution, l’armée iranienne visera alors les infrastructures «énergétiques, de technologie de l’information et de dessalement d’eau» dans la région.

Au 23ᵉ jour de la guerre, déclenchée le 28 février par l’offensive conjointe des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, les attaques se poursuivent au Moyen-Orient. Dimanche aux premières heures, l’armée israélienne a dit mener des frappes «au coeur de Téhéran», sans plus de détails.

Tôt le matin, des explosions ont aussi été entendues à Jérusalem par des journalistes AFP, après le déclenchement d’une alerte aux missiles iraniens. La première depuis les deux attaques iraniennes de la veille dans le sud d’Israël, particulièrement marquantes par l’ampleur des dégâts causés et le nombre de blessés, plus d’une centaine.

Infrastructures nucléaires ciblées

Le début de la quatrième semaine de conflit au Moyen-Orient a montré un virage des attaques sur les infrastructures nucléaires. En visant Dimona, à près de cinq kilomètres du centre de recherche nucléaire israélien, l’Iran a dit riposter à une frappe «ennemie» contre un de ses complexes nucléaires à Natanz, au sud de Téhéran.

L’armée israélienne a assuré ne «pas être au courant» d’une telle frappe, la télévision publique Kan rapportant qu’il s’agissait d’une action américaine.

D’après l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, «aucune fuite de matières radioactives n’a été signalée» sur ce site déjà bombardé début mars. «Aucun niveau anormal de radiation n’a été détecté», a de son côté indiqué l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) après la frappe sur Dimona. Mais son directeur, Rafael Grossi, a appelé «à la retenue militaire maximale» afin d’éviter tout risque d’accident nucléaire.

Israël est considéré comme le seul pays doté de l’arme nucléaire au Moyen-Orient mais entretient l’ambiguïté sur le sujet. En lançant, avec Israël, l’offensive militaire contre l’Iran le 28 février, Donald Trump avait dit notamment vouloir éliminer la menace nucléaire iranienne, déjà visée par la guerre de douze jours en juin 2025.

Les Occidentaux soupçonnent l’Iran de vouloir se doter de la bombe atomique, ce qu’il dément. Des pourparlers sur le sujet avaient lieu en février avant d’être brutalement stoppés par le début de la guerre.

Missiles sur Ryad

Les frappes de riposte iranienne se poursuivent aussi dans les pays du Golfe, Téhéran cherchant ainsi à déstabiliser l’approvisionnement mondial en hydrocarbures. Dimanche, trois missiles balistiques ont visé la région de Ryad, capitale de l’Arabie saoudite. Un a été intercepté et deux sont tombés dans des zones inhabitées, selon le ministère saoudien de la Défense, qui a également, comme les jours précédents, fait état de la destruction de plusieurs drones.

Les Émirats arabes unis ont aussi dit répondre à des attaques de missiles et de drones de l’Iran.

Les médias d’État iraniens ont par ailleurs affirmé qu’une attaque de drones avait visé une base militaire à l’aéroport de Bagdad.

Le blocage de fait par Téhéran du détroit d’Ormuz, voie commerciale cruciale, aggrave la flambée des cours du pétrole et du gaz, source d’inquiétude pour l’économie mondiale. À proximité du détroit, un «projectile inconnu» a explosé dimanche à proximité d’un vraquier naviguant dans le Golfe au nord de la ville émiratie de Charjah, a indiqué l’agence maritime britannique UKMTO précisant que l’équipage était sauf.

Une vingtaine de pays, Émirats arabes unis, Royaume-Uni, France ou encore Japon, se sont dit «prêts à contribuer aux efforts» nécessaires à la réouverture du détroit.

La Commission européenne a appelé les États membres à réduire leurs objectifs de remplissage de gaz pour l’hiver prochain, afin d’atténuer la pression sur les prix.

AFP

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