Guinée : démocratie ou démons cratie ?

[dropcap]A[/dropcap]lpha Condé, Président de la République de Guinée, Ibrahima Fofana Kassory, son Premier ministre et nombre d’autres de leurs collaborateurs parlent de démocratie guinéenne.

Cellou Dalein Diallo et ses pairs de l’Opposition également parlent de la jeune démocratie guinéenne mais, en même temps, ils dénoncent le régime Alpha Condéen comme étant une dictature. La réalité, c’est qu’il faut se demander si depuis l’indépendance de ce pays il y a eu démocratie sur cette terre.

Il y a plus d’un siècle, l’hymne du Wassoulou a été écrit et chanté. Il y a plus d’un demi-siècle, le mythique Orchestre national de Guinée, le Bembeya Jazz révélait cette œuvre politique au monde. Fodéba Keïta, fondateur des Ballets africains de Guinée, artiste mondialement connu, qui a été, en 1969 l’une des premières victimes des nombreux et fameux complots montés de toutes pièces par le régime dictatorial de Sékou Touré, a aidé à révéler cet hymne qui devrait faire partie du patrimoine culturel et historique guinéen.

L’hymne du Wassoulou enseigne au chef :

Si tu ne peux organiser, diriger et défendre le pays de tes pères, fais appel aux hommes les plus valeureux;

Si tu ne peux dire la vérité, en tout lieu et en tout temps, fais appel aux hommes les plus  courageux;

Si tu ne peux être impartial, cède le trône aux hommes justes;

Si tu ne peux protéger le fer pour braver l’ennemi, donne ton sabre de guerre aux femmes qui t’indiqueront le chemin de l’honneur;

Si tu ne peux exprimer courageusement tes pensées, donne la parole aux griots.

Oh Fama! Le peuple te fait confiance, il te fait confiance parce que tu incarnes ses vertus.

Alpha Condé, son premier ministre et leurs différents collaborateurs connaissent cet hymne. Ils connaissent leur bilan catastrophique depuis qu’ils sont aux affaires. L’hymne du Wassoulou les  recommande de ne pas brûler le pays qui leur a tout donné. Vraiment tout donné. Alors que les millions de leurs compatriotes tirent toujours le diable par la queue. Que le Président Alpha Condé, en campagne à Faranah et Kissidougou pour son référendum constitutionnel,  qui  est dénoncé comme étant un coup d’État, invite ses partisans à lyncher toute personne qui chercherait à perturber les élections (lire visionguinee), est une déclaration grave car, c’est opposer des compatriotes inutilement. C’est vrai que pour conquérir le pouvoir, en 2010, «l’ethnicisation » du débat l’avait aidé à constituer un front contre Cellou Dalein Diallo. Mais certains estiment plutôt qu’Alpha Condé était le choix du Médiateur Blaise Compaoré et de l’OIF, sous influence de Bernard Kouchner.

Que le Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana, pour sa part, dise «Ceux qui veulent semer la pagaille ou des troubles, nous trouverons devant eux ou sur leur chemin. Nous n’accepterons pas que ce pays brûle, la démocratie c’est le oui ou le non. Si tu ne veux pas, tu votes pour le non ou bien tu restes chez toi. Mais empêcher ceux-là qui veulent  le oui, nous ne l’accepterons pas.   Alors soyons vigilant le jour du vote », propos rapportés par ledjely.com, est tout aussi grave.

Alpha Condé, Kassory Fofana et leurs partisans, nombre d’eux sont des circonstanciels, devraient comprendre qu’ils sont les pyromanes de la Guinée. Ils savent que sans fichier électoral conforme à la réalité, il est impossible d’organiser des élections inclusives et démocratiques. Ils savent qu’ils ont confectionné un fichier électoral qui, d’une part exclut des millions de Guinéens en âge de voter mais, d’autre part, contient des dizaines de milliers de mineurs et même des morts… Lire la suite sur Guinafnews.info en cliquant ici.

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