Avec la disparition du professeur Niane, c’est toute l’Afrique culturelle qui perd l’un de ses intellectuels les plus féconds et les plus éminents. L’homme qui naquit le 9 janvier 1932 à Conakry, en terre guinéenne sous la colonisation française, est mort le 8 mars 2021 à Dakar.
Echos de l’hommage
Vendredi dans la capitale sénégalaise, les autorités de son pays d’adoption lui ont rendu un vibrant hommage en présence de l’ambassadrice de Guinée dans ce pays voisin, Mme Aminata Kobélé Keita. Les intellectuels sénégalais ont salué le « monument » qu’il était.
Un terme prononcé par l’éminent professeur Abdoulaye Bathily qui, au nom du Département d’histoire de l’université Cheikh Anta Diop, a honoré la mémoire de l’historien qui, a-t-il souligné, a « fondamentalement modifié les perspectives de l’histoire africaine (…) non seulement à travers la découverte qu’il a fait de l’histoire du Mandingue, mais également, son œuvre générale, avec sa contribution à l’écriture de l’Histoire générale de l’Afrique.»
Quant à l’ancien ministre et ancien ambassadeur du Sénégal en Guinée, Makhili Gassama, a témoigné que «ni l’adversité ni la tyrannie des uns, ni l’indifférence hautaine et ridicule des autres ne l’ont désarmé dans un combat pour la reconquête de la dignité de sa communau té, pour ne pas dire de sa race, aussi pour la dignité et le développement de l’Afrique.»
Lundi, à Conakry, où le corps du Pr Djibril Tamsir Niane est arrivé, en début de matinée, les autorités guinéennes ont tenu à marquer le deuil. Un symposium est organisé au Palais du peuple pour rendre un dernier hommage au célèbre historien, écrivain et dramaturge.
Ecrivain fécond
Le professeur Niane était un écrivain fécond. Si son ouvrage le plus célèbre reste le classique Soundjata ou l’épopée Mandingue, paru en 1960, il faut noter que le Guinéen, le grand Africain tout court, est l’auteur de nombreux ouvrages dont le premier est intitulé : Recherche sur l’empire du Mali au Moyen-Age, paru en 1959. C’était son mémoire de recherche à l’université de Bordeaux en France.
A cela s’ajoute une longue liste d’écrits comme L’Histoire de l’Afrique occidentale, publié en 1961 et coécrit avec le français Jean Suret-Canale. Sa participation à la rédaction de l’Histoire générale de l’Afrique, en 1970, sous l’égide de l’Unesco, a contribué à faire du Pr Djibril Tamsir Niane, l’un des spécialistes incontestés de l’histoire du continent africain, et le placer parmi les plus consultés, les plus adulés et plus respectés dans le monde. Par
Ahmed Tidiane Diallo
Le Populaire